Finances , communication et information
Lorsqu’on relit les déclarations des différents PDG des banques mondiales au sujet des “subprimes”, entre le début de la crise et aujourd’hui, on peut mesurer à quel point nous avons été les témoins des insultes répétés à l’intelligence.
Rappelons-nous, les premières estimations de ces banquiers sur le coût de cette crise s’élevaient, au total, à 3 Mds$. Aujourd’hui, près de 12 mois plus tard, les pertes de ce Tchernobyl financier sont évaluées dans une fourchette très large qui va de 400 Mds$ et 2 000 Mds$.
Pourtant, ces augustes banquiers ne sont pas réputés pour leur intempérance verbale ni pour leur truculence langagière ni pour propos fantaisiste.
Pourquoi alors ce dérapage ? Parce que le fondement de l’économie est la confiance, concept, oh combien, subjectif.
Ces PDG pour ne pas paniquer la veuve de Carpentras se sont lancés dans une inflation de bonnes paroles dont la rude réalité mathématique a infligé des correctifs sévères.
C’est donc la volonté de ne pas casser la confiance qui a conduit bon nombre de banquiers à parler trop tôt et à tort et à travers. Feu Enrico Cuccia, ancien PDG de Mediobanca, catholique pratiquant et “père” du système bancaire italien entre 1945 et les années 1990 disait “Pour un banquier, partir avec la caisse est un pêché véniel, parler est un pêche capital”.
De surcroît, ce turbocapitalisme de la course à “l’argent facile” a conduit les banques à prêter à des emprunteurs dont les possibilités de remboursement étaient limitées. Certains usagers de leur côté ont eu tendance à se croire des traders en devenant des goldens boys avec leur livret A ou à jouer à Wall Street en ligne avec leur Plan d’Epargne Populaire.
L’une des leçons que l’on peut tirer de cette crise des “subprimes”, dont la France est directement peu touchée, est la nécessaire clarification des liens entre le monde financier et l’information. Aujourd’hui on communique trop et l’on n’informe pas assez. La transparence est opaque. Si le pire n’est jamais sûr, le meilleur n’est pas davantage certain.










