Bayrou : compte-rendu de visite du candidat de l'UDF à Perpignan
De passage à Perpignan le 9 mars, le leader de l’UDF a entamé sa visite par une rencontre avec une vingtaine d’artisans (serrurier, plombier, conjoint collaborateur, peintre, garagiste, boulanger, maçon, couturière…) des Pyrénées-Orientales. Il leur a notamment rappelé son ‘Small Business Act’ à la française : deux premiers emplois créés exonérés de charges sociales et patronales pendant cinq ans, simplification des démarches administratives, marchés publics inférieurs à 50 000 euros entièrement réservés aux petites entreprises, respect par l’Etat et les collectivités locales des délais de paiement. Gonflé à bloc par les sondages, il s’est dit prêt à encaisser les « scuds » de l’UMP et du PS dans la dernière ligne droite menant au 22 avril. « C’est Strauss Kahn (interview dans Le Monde, ndlr) pour Royal, Simone Veil (ralliement surprise) pour Sarkozy, a relevé le troisième homme qui monte, qui monte… Ils veulent scuder Bayrou ! Dans les états-majors de ces deux partis, c’est l’affolement. Ils ne comprennent pas que le problème pour eux, ce n’est pas moi. Les électeurs ont décidé. Ma percée dans les sondages, c’est un message du peuple français, qui dit : ‘on va tourner la page.’ Et ce qui est né en son sein est suffisamment fort pour ne pas avoir de crainte. »
1997, 2002, 2005 : une même date
« J’ai depuis longtemps la certitude que cette élection présidentielle sera marquée par l’obligation de marquer un temps politique nouveau, a enchaîné le député des Pyrénées-Atlantiques. 1997 (dissolution ratée de Jacques Chirac, ndlr), 2002 (Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle), 2005 (non au référendum sur la Constitution européenne) sont en fait une seule et même date. En dix ans de scrutins, les Français ont saisi toutes les occasions de marquer leur désaccord. »
Bayrou préfèrerait en découdre avec Sarko…
Fidèle à ses habitudes, François Bayrou a choisi un café-restaurant du centre-ville (Le Vienne, place Arago) pour tenir une conférence de presse, demandant à chaque journaliste le questionnant de se présenter. Il n’a pas caché qu’il préférerait en découdre avec Nicolas Sarkozy : « Nous avons deux projets de société très différents. Moi par exemple, je ne parlerai pas à l’étranger d’‘arrogance de la France’. En politique intérieure, je suis opposé à la discrimination positive ou à l’ouverture des magasins le dimanche… C’est moins anecdotique qu’il n’y paraît, il s’agit de marqueurs de société révélateurs. » Mais sa flèche la plus incisive a visé Ségolène Royal : « Je ne peux même pas ouvrir de polémique avec elle, car je ne sais pas exactement ce qu’elle propose. Est-elle social-démocrate ? Altermondialiste ? Je ne perçois pas son architecture de projet. »
Béarnais, catalan, occitan, même combat
Dans un Palais des Congrès plein à craquer, le candidat centriste a discouru plus d’une heure sans note. Il a joué de ses origines pyrénéennes face au public catalan : « Ceux qui sont jacobins et veulent tout centraliser ignorent les trésors des cultures et des langues régionales minoritaires. Les langues régionales ne sont pas les ennemies de l’unité de la France. Les peuples vivent mieux ensemble quand ils savent qui ils sont. Et on ne parle pas moins bien le Français quand on parle béarnais, catalan ou occitan. Ce n’est parce qu’on est minoritaires que nous devons disparaître et nous coucher ! » De quoi faire chavirer l’auditoire s’égosiller les jeunes UDF, affublés de T shirts « sexy centriste ». Le tour de France de François Bayrou refera étape en Languedoc-Roussillon, le mercredi 28 mars à Nîmes, à la salle des Costières.H.V.










