Hérault
BTP
70 entrepreneurs à Paris pour les 24 heures du Bâtiment
70 adhérents de l'Hérault se déplacent ce jeudi et ce vendredi au palais omnisports de Paris Bercy pour assister aux 24 heures du Bâtiment, manifestation qui se tient une fois tous les trois ans. Cette édition se tient dans une ambiance de crise aiguë, après plusieurs années d'embellie. « C'est l'occasion rêvée pour nos adhérents de se rapprocher de Paris, de l'activité centrale, explique Patrick Ceccotti, président de la Fédération Française du Bâtiment de l'Hérault. En plus, cette fois-ci, on a la chance d'avoir la participation de plusieurs ministres (Patrick Devedjian, ministre chargé de la mise en place du plan de relance et Christine Boutin, ministre du Logement, sont annoncés ce jeudi entre 17h et 19h, ndlr) et la clôture avec le chef de l'Etat, vendredi (sous réserve de confirmation, ndlr). C'est des moments privilégiés, où on peut coller de près à l'actualité économique. »
Patrick Ceccoti s'inquiète de la baisse des prix pratiqués par ses adhérents (600 dans l'Hérault). « Les carnets de commande se maintiennent relativement, il n'y a pas d'effondrement, explique-t-il à La Lettre M. Par contre, j'observe un phénomène de forte baisse des prix. On est à moins 25 %, on se demande jusqu'où ça va aller. On est dans l'irrationnel. Les P.-O. sont plutôt à moins 30 %. Ces prix trop bas affaiblissent les entreprises. Or, il risque d'y avoir une deuxième vague récessive en octobre, on va être très faibles pour absorber cette deuxième vague. Il faut que les prix s'arrêtent de chuter, c'est mon leitmotiv. C'est le tissu des PME qui est en train d'exploser. Les gros arriveront toujours à lutter. D'autre part, on est en train d'anéantir l'image du bâtiment, les clients pensent qu'avant cette baisse des prix, on devait se mettre les marges dans la poche. En termes d'image, c'est dramatique. Ces huit dernières années, on a recruté, formé, investi. Le salaire minimal dans la profession dans l'Hérault a augmenté de 42 % depuis 2000. La réaction des entreprises est démesurée, d'autant plus que nos marges se situent entre 1 % et 5 %. Pour conserver la marge, on comprime les frais généraux. Si tout le monde avait mis le curseur un peu plus bas, en se disant qu'en baissant la voilure on va tous y arriver, ça se passerait pas trop mal. Le problème, c'est que ça ne se passe pas comme ça. Beaucoup n'ont pas voulu baisser leurs objectifs, certains les ont même augmentés ».
Assemblée générale le 3 juillet sur le thème de la confiance
Ce « vrai problème de confiance » sera au cœur de l'assemblée générale, le 3 juillet à 11 heures à la Maison du Bâtiment à Montpellier : « La confiance, indispensable réponse à la sortie de crise », en présence du secrétaire général national, Bertrand Sablier.[1]S'exprimant sur sa propre entreprise de bâtiment (60 salariés) : « J'ai raté une vingtaine d'appel d'offres en début d'année aussi... j'ai dû moi aussi baisser mes prix ! Ma grande satisfaction, c'est de les avoir baisser moins que les autres. Mais en contrepartie, cette année, je ne recruterai pas, je ne formerai pas, je n'investirai pas »
En 2009, la baisse de l'activité en L.-R. pour le bâtiment, qui emploie 52 000 salariés et génère un CA de 3,5 MdE, devrait osciller « entre 8 et 10 %. C'est au-delà du niveau que nous avions il y a deux ans et dont nous nous contentions. Mais les acteurs sont aujourd'hui plus nombreux à Montpellier : Demathieu&Bard, Cari, Léon Grosse se sont implantés... Une hausse de 25 % de dépôts de bilan et liquidations est enregistrée depuis trois mois pour les entreprises du bâtiment au tribunal de commerce de Montpellier. Au niveau régional, on a perdu 3 000 emplois en un an, d'après la caisse de congés payés. Le principal perdant, c'est l'Hérault. »
Patrick Ceccotti condamne « les phénomènes de dumping social, avec des recours à la sous-traitance d'entreprises étrangères, polonaises par exemple, pratiquant des niveaux de prix inférieurs (18 euros contre 25 euros en moyenne pour des sous-traitants français) ».
La reprise ? "Elle devrait arriver courant 2010. En début d'année prochaine, on sera toujours dans la crise."
Lobbying
Patrick Ceccotti a multiplié les rencontres en avril et mai avec les donneurs d'ordre publics. « Je les ai alertés sur la dangerosité de la baisse des prix de nos entreprises, et leur ai demandé d'accélérer le démarrage des projets. Il faut également que nous soyons informés de façon très claire et concrète des marchés à venir, en détaillant la sortie des futurs appels d'offres avec la localisation et le montant du budget prévisionnel. A ce titre, il faut réactiver l'observatoire de la commande publique, en sommeil depuis deux ans. Enfin, il faut favoriser au maximum la règle du mieux-disant. Les donneurs d'ordres continuent à prendre le moins-disant alors qu'ils ont toute latitude pour prendre le mieux-disant. J'ai pour l'instant été très peu entendu sur ces points »










