
Philippe Tamaï, président de la Fédération du bâtiment du Gard, souhaite signer un « pacte pour le bâtiment » avec les candidats aux prochaines élections municipales dans le Gard. Le représentant de la FFB, qui présentait hier ses vœux à la Maison du Bâtiment à Nîmes, demande notamment aux candidats de « mener une politique d’investissement pour la construction », « choisir des entreprises employant de la main d’œuvre locale », et « détecter les offres anormalement basses et choisis systématiquement les mieux disant ». Philippe Tamaï a rappelé que le secteur du bâtiment avait « perdu 2 500 salariés dans le Gard depuis 2008, soit 40 par mois ». Le président national de la FFB, Didier Ridoret, présent lors de ces vœux, a, pour sa part, rappelé que le secteur du bâtiment avait perdu « 18 à 19 % de son volume d’activité » depuis le début de la crise en 2008, mais n’avait baissé ses effectifs « que » de 100 000 personnes (dont 25 000 pour la seule année 2013), sur un effectif de 1 250 000 salariés.
Rebond en 2015 ?
L’économiste Olivier Torres, venu parler aux chefs d’entreprise de la souffrance des petits patrons du bâtiment, a vu dans cet écart entre la baisse de l’activité et celle des effectifs le signe que « la PME est plus représentée dans le bâtiment que dans les autres secteurs. Dans les PME, on délocalise et on licencie moins ». Didier Ridoret, espère que le secteur aura « touché le fond de la piscine » en 2014, avec une baisse annoncée de 0,4 % de l’activité, et veut y voir « les prémisses d’un rebond en 2015 ». Tout comme il veut croire à l’objectif de 500 000 logements neufs annoncés par gouvernement pour 2017, « même si on nous l’avait déjà annoncé pour 2013 ». Saluant les avancées qu’il estime avoir obtenues, comme « la TVA à 10 % sur les logements intermédiaires, qui peut apporter demain 20 à 25 000 logements », ou « la TVA à 5,5 % pour le logement social et la performance énergétique », il a incité les entrepreneurs du bâtiment présents à « être reconnu Grenelle Environnement (RGE) le plus rapidement possible » pour profiter de cette manne.
« Pour les PLUI »
Mais il a fustigé la « concurrence déloyale » des auto-entrepreneurs, tout comme celle des « entrepreneurs de l’Union européenne » et des « travailleurs détachés ». « Michel Sapin (ministre du Travail, NDLR) a obtenu des avancées à Bruxelles, mais nous n’avons pas gagné la guerre. Nous allons ralentir le flux, nous ne le stopperons pas ». Il a également exprimé son hostilité envers la garantie universelle des loyers, qui freinera selon lui les mises en chantier, et a estimé que « le PLU tel qu’il existe est un obstacle. Les maires ont tendance à freiner la construction, parce qu’ils n’ont pas intérêt à construire : une nouvelle population, c’est plus d’équipements, plus de voiries, et des impôts supplémentaires. Nous prônons donc un PLU intercommunal, qui permettra d’avoir une vision d’ensemble ». La loi Alur permet la mise en place de ces plans d’urbanisme intercommunaux.
(photo ci-dessus : Didier Ridoret, président national de la FFB, hier soir à Nîmes. Ci-contre : Philippe Tamaï, président de la FFB 30)