Serm toulousain : la convention de financement est validée par la Métropole mais les débats subsistent
Le conseil de Toulouse Métropole adopte le 12 décembre la convention de financement relative à la phase de préfiguration du Service express régional métropolitain (Serm) de l’agglomération toulousaine. Ce projet d’offre multimodale de services de transports en commun avait été formalisé par la candidature de la région métropolitaine toulousaine au statut de Serm en mars 2024. Trois mois plus tard, le ministère des Transports annonçait sa labellisation, première étape vers l’obtention du statut. Si le montant de la convention s'élève à 535 k€, le coût global du projet est estimé à plus de 4,1 Md€. Un « coût repoussoir » selon l’écologiste Isabelle Hardy, qui privilégie une mise en œuvre progressive du Serm.
« Quelques points de blocage »
L’élue de l'opposition reproche au président d’avoir « choisi la ligne C du métro, qui bloque toutes les capacités financières de la décennie, sans parler des incertitudes » face à un Serm « qui a la particularité de concerner la totalité de l’étoile ferroviaire de la métropole ». Vice-président de Toulouse Métropole et président de Tisséo Collectivités et Ingénierie, Jean-Michel Lattes dénonce un « habituel discours anti-métro », estimant pour sa part que « la première brique du Serm est la ligne C et ses cinq gares d’interconnexion ». Pour Patrick Chartier, également élu écologiste, « il faut espérer que cette phase d’étude de six mois permettra de lever quelques points de blocage comme la diamétralisation versus la gare amont, les gares terminus à Labège-La Cadène, qui semblent être abandonnées dans le CPER (contrat de plan État-Région, NDLR), la saturation de la gare Matabiau et les difficultés liées à la multiplicité des acteurs. »
« Le projet n’est pas suffisamment mûri »
En novembre dernier, dans Le Moniteur, Jean-Luc Moudenc déclarait : « Avec plus de 4 Md€ d’investissement, sans parler des coûts de fonctionnement, notre projet Serm devient hors de portée dans un contexte de restrictions budgétaires ». Patrick Chartier s’interroge sur ces propos : « Qu’en est-il de la volonté politique de la majorité métropolitaine de s’engager enfin pour une première phase du Serm, au coût très inférieur à celui avancé par M. Moudenc dans cet article ? » Le président de Toulouse Métropole, lui, assure que ce chiffre « émane de la collectivité régionale » et se justifie : « Le projet n’est pas suffisamment mûri pour que les étapes soient définies. Ce travail doit être fait de manière partenariale et cette étude confiée à la SGP (Société des grands projets, NDLR) devrait nous aider à dessiner cette progressivité, qui est la condition pour avancer. »
Le dossier de préfiguration élaboré par la SGP
La convention est financée à 50 % par l’État, ainsi que par les quatre partenaires du projet : la Région Occitanie, le Département de la Haute-Garonne, Toulouse Métropole et Tisséo, qui participent chacun à hauteur de 66,8 k€. Elle définit les modalités de constitution du dossier par les partenaires, accompagnés de la SGP, de SNCF Réseau et de Gares & Connexions. La durée prévisionnelle de la phase 1 de la convention est de six mois.











