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Hérault
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Tourisme - Loisirs
| 6/12/2021

Studios Occitanie Méditerranée : Bruno Granja veut rassurer le Département de l'Hérault

Situé aux portes de Béziers, le domaine de Bayssan (200 ha) fait l'objet de deux projets dédiés aux loisirs et aux industries médiatiques et culturelles. Celui des jardins de la Méditerranée (30 ha) est porté par le Département de l'Hérault tandis que les Studios Occitanie Méditerranée (88 ha, 371 M€ d'investissement) sont portés par un acteur privé. Interrogé par La Lettre M, le porteur du projet Studios Occitanie Méditerranée réagit aux inquiétudes exprimées dans les colonnes de La Gazette de Montpellier par Kléber Mesquida, président du Département de l’Hérault. Ce dernier s’interroge sur la viabilité du complexe dédié aux industries médiatiques et culturelles et agite la caducité imminente de la promesse de vente du foncier.

Des avancées concrètes
Si le président du Département de l'Hérault presse Bruno Granja, le porteur du projet des Studios Occitanie Méditerranée estime que la récente annonce de l’arrivée d’Ubisoft (cf. La Lettre M du 30 novembre) amène de l'eau à son moulin. « Je crois qu’Ubisoft est une première réponse concrète ; un groupe qui génère 18 000 emplois dans le monde dont 350 à Montpellier et pèse plus de 2,2 Md€ de CA ne s’engage pas à la légère », argumente Bruno Granja.
Deux courriers ont été envoyés par le géant du jeu vidéo au président Mesquida et au maire de Béziers Robert Ménard. Dans le premier courrier, datant d'avril 2020, Ubisoft signifie son intérêt pour ce projet « en phase avec la stratégie de développement de nos activités de loisirs » et dans le second, d'octobre 2021, il confirme avoir trouvé « des accords », croire à « l'approche moderne de l'entertainment » de ce projet ainsi qu'à « sa localisation extraordinaire en termes de flux de visiteurs ». À cela, précisant qu'« un groupe bancaire français (les) accompagne dans (leurs) discussions avec les licences », Bruno Granja ajoute qu'« un autre contrat avec une major a aussi été signé. il sera annoncé en janvier/février prochain. »

Ne pas « louper » le coche du numérique
Pour autant, Bruno Granja ne peut pas se passer de l'accompagnement des collectivités pour faire aboutir ce projet qui demande du temps. Il assure avoir « signé une convention d’assistance à la maîtrise d’ouvrage avec Viaterra (aménageur de l'ouest héraultais, NDLR). Là aussi, il s’agit d’une garantie de transparence et d’efficacité pour les autorités. » Le porteur du projet, qui a déjà essuyé deux échecs par le passé dans des projets similaires, avance ses arguments. « 5 M€ ont été engagés. Ce projet est d’intérêt général et je sais l’attachement des collectivités au territoire. Aujourd’hui, nous entrons dans la phase de réalisation du projet et je peux comprendre les questionnements des collectivités. Nous apporterons les réponses. Par ailleurs, le projet que nous proposons colle parfaitement avec le plan France 2030. »
Ce projet d'envergure pourrait répondre aux enjeux économiques et d’emploi du Biterrois. Il prévoit en effet plusieurs centaines d'emplois pendant la phase de construction puis d'exploitation. « On peut prendre le porteur de projet pour un rêveur, mais aujourd’hui il a les contacts pour signer les licences, complète une source proche du dossier. Il ne faudrait pas que Béziers loupe le coche du numérique. »

Le temps du projet
Concernant le protocole portant sur la mise à disposition du foncier, le porteur du projet confirme qu’il a été « signé avec le syndicat mixte du domaine de Bayssan (propriété de la Ville et du Département, NDLR) en mai 2017. Or, ce protocole n’avait pas identifié la phase de concertation soulevée par les services de l’État en avril 2019. Lancée en novembre 2019, cette concertation a duré jusqu’en avril 2021 avec un dossier remis aux collectivités, explique Bruno Granja. Aucune autre démarche n’est possible tant que l’étape de concertation n’est pas franchie. Les engagements finaux ne pouvaient intervenir logiquement qu’après cette étape. Un projet d’une telle ampleur prend du temps. »

Emprise foncière
Selon le porteur de projet, cette emprise foncière est d'une taille critique pour la réussite économique du projet. L'emprise du projet comprend 34 ha d’espaces dédiés au public (univers thématiques, restauration et autres services), 21 ha consacrés aux professionnels (plateaux de tournage, bureaux, fabrication de décors…). Reste un fuseau foncier de 23 ha suspendu à la réalisation de la LGV Montpellier-Perpignan. « Je rappelle que Disneyland à Paris n’avait pas à ses débuts une offre suffisante pour que les visites sur le site durent suffisamment longtemps, insiste Bruno Granja. Ce projet a mis quinze ans à se développer. Notre ambition est de faire rester les visiteurs sur 1,5 jour. Quand on voit le succès du Village de Noël du Barcarès qui attire un million de visiteurs, on sait que le potentiel est là ! » 

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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