Comment Excent prépare son rebond
Avant la crise, le groupe columérin Excent, spécialisé dans l'ingénierie industrielle, affichait une forte croissance - 66 % en cinq ans - et de solides ambitions : atteindre 100 M€ de chiffre d'affaires et 1 000 salariés en 2022. « Puis tout s'est arrêté d'un coup : nous nous sommes retrouvés face à un mur, nous qui travaillions à 60 % pour le secteur aéronautique », explique à La Lettre M Philippe Chaumès, président. Pour passer le cap, la société a alors basculé une grande partie de son personnel en activité partielle et obtenu 10,5 M€ de prêts garantis par l'État. Fin 2020, une cinquantaine de salariés était toujours sans activité et Excent s'était séparée d'une centaine de salariés (fins de CDD, départs volontaires...), passant de 750 à 650 collaborateurs, sans avoir recours à un PSE. Elle qui avait enregistré 70 M€ de CA en 2019 avait vu son volume d'affaires se réduire, avec un atterrissage à 55 M€.
Une stratégie de rebond
La fin de la croissance ? Plutôt le début du rebond, répond en substance Philippe Chaumès. « Depuis toujours, nous sommes engagés dans une stratégie de diversification, que les chiffres importants de l'aéronautique avaient un peu masqué, indique-t-il. Dès le début de la crise, nous avons ainsi tout mis en œuvre pour conforter nos positions dans le ferroviaire et les énergies renouvelables, par exemple. » Mais aussi pour se positionner sur de nouveaux marchés, « comme le naval, l'automobile, le spatial et la Défense », précise Eric Lehmann, directeur des opérations et du développement.
« Par ailleurs, nous avons profité de notre plan d'innovation, initié avant la crise, pour faire émerger des projets de nouveaux produits et services », ajoute Philippe Chaumès. C'est dans ce cadre que la société a été sélectionnée par France Relance pour deux projets de R&D (2,9 M€ financés par l'État à hauteur de 1,1 M€), l'un portant sur le traitement du biogaz et l'autre sur le développement du JacXson XL, une solution de maintenance des moteurs et trains d'atterrissage des avions gros porteurs, dont les premiers prototypes devraient voir le jour début 2022. « Nous croyons toujours à l'aéronautique et nous donnons les moyens de pouvoir attendre que le secteur reparte », confie le dirigeant. Du fait de ces nouveaux développements, Excent envisage de recruter une centaine de personnes cette année, « dont un tiers en Occitanie ». Son objectif ? « Retrouver dès 2021 notre niveau de chiffre d'affaires de 2019 », prévient Philippe Chaumès.










