À Gruissan, 80 ha de vignes irriguées avec des eaux usées traitées en 2021
Confrontée à un déficit chronique de la pluviométrie sur le département de l’Aude, la communauté d’agglomération du Grand Narbonne annonce l’entrée en phase opérationnelle de son démonstrateur Irri-Alt’Eau, un projet pilote d’irrigation de la vigne à partir des eaux usées traitées (EUT). Il a vu le jour en 2013 dans le cadre d’un consortium impliquant aux côtés de la collectivité, les chercheurs de l’Inrae (né de la fusion au 1er janvier 2020 entre l’Inra et l’Irstea), Véolia et Aquadoc. Après six années de R&D pour un montant déjà investi de 1,9 M€, le futur démonstrateur va permettre l’irrigation de 80 ha de vignes sur le massif de La Clape à partir des EUT de la station d’épuration de Narbonne-plage (60 000 m3 d’eau traitées par an). Le dispositif déployé entre octobre 2020 et avril 2021 sera composé d’une unité de traitement tertiaire de l’eau à la sortie de la station (532 k€ financés par le Grand Narbonne, la Région et l’Etat) et de la mise en place du réseau de distribution jusqu’aux parcelles de vignes (750 K€). Ce projet unique en France, a nécessité la mise en place d’un protocole expérimental de traitement tertiaire des eaux résiduaires traitées sous le contrôle de l’Agence régionale de santé (ARS).
« Développé sur le site INRAE de Pech-Rouge sur une parcelle de 1, 5 hectare de vignes, ce protocole avec suivi renforcé des quatre matrices eau, sols, nappe phréatique, vigne et vins, a permis de faire évoluer la réglementation sur la qualité des eaux usées traitées pour l’irrigation de la vigne, déterminées de qualité C », éclaire Claudine Vibert, chargée de mission Développement Agriculture Durable à la communauté d’agglomération du Grand Narbonne. C’est d’ailleurs l’abondante littérature scientifique publiée dans le cadre de ces recherches qui a permis la mise en route en juillet 2019 d’un autre projet pilote, à Roquefort-des-Corbières (cf article du 17 juillet 2019 de La Lettre M).










