Fil infos

Région Occitanie
|
Emploi
| 21/11/2019

Une application pour simplifier l’accès à la formation

Annoncé dans loi du 5 septembre 2018 « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », le projet de création d’une application mobile dédiée à la gestion du Compte professionnel de formation (le CPF, qui a succédé au Dif – Droit individuel à la formation – en 2015) est devenu réalité ce 21 novembre.

Téléchargeable via le site www.moncompteformation.gouv.fr, l’application MonCompteFormation s’adresse à 25 millions de salariés et demandeurs d’emploi (et bientôt 3 millions d’indépendants, de professions libérales et de conjoints collaborateurs) qui, après avoir créé leur compte (avec leur numéro de Sécurité sociale et leur adresse mail), peuvent désormais consulter directement leurs droits à la formation – exprimés en euros, et non plus en heures -, choisir une formation dans un catalogue mis à jour en temps réel, la réserver et la payer en ligne.

Vers « une société de compétences »

Objectif martelé par Muriel Pénicaud, ministre du Travail : donner, à tous les actifs, un accès égal, simple et sans intermédiaire à la formation, dans un pays où seuls 6 % des ouvriers choisissent de se former, alors qu’ils sont 25% chez les cadres et où nombre d’entreprises peinent à recruter, faute de compétences disponibles sur le marché du travail. Pour la ministre, l’enjeu est de taille : « Il s’agit pour la France d’entrer dans une société de compétences ; seule voie pour répondre aux mutations technologiques, numériques ou écologiques qui font qu’un métier sur deux évoluera profondément d’ici dix ans. »
Concrètement, à partir du 1er janvier 2020, chaque actif travaillant au moins à mi-temps verra son CPF crédité de 500 € supplémentaires par an, avec un plafond à 5 000 € (800 € pour les salariés les moins qualifiés et les personnes en situation de handicap, plafond à 8 000 €). Quelque 40 000 formations (coût moyen inférieur à 1 400 €) sont actuellement proposées dans le catalogue en ligne, donnant accès à un millier de diplômes. Tous ceux qui le souhaitent peuvent aussi se faire conseiller gratuitement sur leur projet professionnel, en faisant appel à des conseils en évolution professionnelle, présents dans tout le territoire.

Des mentalités à faire évoluer

Du côté des entreprises, qui financent le dispositif du CPF via la contribution unique à la formation professionnelle et à l'alternance (recouvrée par les Opérateurs de compétences et à terme par les Urssaf qui la reversent à France Compétences), cette « révolution » laisse un peu perplexe. « On verra à l’usage », estime Samuel Cette, président de la CPME Haute-Garonne et de la CPME Occitanie et dirigeant du groupe de formation toulousain Adonis. Parmi ses réserves : les critères de choix des formations. « Les utilisateurs pourront noter les organismes de formation avec des étoiles mais ce système sera-t-il vraiment efficace ? », s’interroge-t-il. Pour Fabrice Aubin, dirigeant des centres Wall Street English de Montpellier, Toulouse et Saint-Étienne, « cette application va dans le bon sens, celui de la simplification. La plus grosse difficulté sera de faire évoluer les mentalités, pour amener de nouveaux publics à se former. Aujourd’hui, malheureusement, ce sont toujours un peu les mêmes qui en bénéficient… » Une campagne de communication nationale doit démarrer le 1er décembre pour promouvoir le dispositif. La Caisse des Dépôts, opérateur central du dispositif MonCompteFormation, propose quant à elle un service gratuit d’assistance aux usagers et aux professionnels, accessible du lundi au vendredi, de 9h à 18h, en appelant le 09 70 82 35 51.

Aline Gandy / gandy@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie