Travaux publics : enjeux des municipales
« Ne vous abstenez pas d’agir ». À près de 6 mois des municipales, c’est l’appel lancé aux élus d’Occitanie par la fédération régionale des travaux publics, présidée par Olivier Giorgiucci. L'enjeu est de taille avec des collectivités d'Occitanie qui investissent 2 Md€ par an en travaux et entretien. Pour éclairer le mundillo des élus, la fédération a convié à ses assises régionales du 24 octobre au Palais des Congrès du Cap d’Agde, le politologue Emmanuel Négrier et l’économiste Nicolas Bouzou. Morceaux choisis.
Les maires de 2020 seront-ils encore des bâtisseurs ?
Tous les acteurs s'accordent à dire que les contraintes et coûts de construction sont plus importants qu’il y a 20 ans. « Les élus seront davantage tournés vers le besoin de reconfiguration des bâtiments et/ou des infrastructures existants pour répondre aux enjeux environnementaux ou accueillir de nouvelles vocations », explique l'universitaire Emmanuel Négrier. Les investissements dans les travaux publics étant majoritairement réalisés par les collectivités, l'économiste Nicolas Bouzou s'interroge sur le modèle budgétaire de ces dernières qu mêle « dotation d’État – pouvant être variable - et autonomie fiscale. Est-ce adapté ? Cela génère chez les élus des contraintes financières et des incertitudes sur leur capacité d’investissement. »
Vers le verdissement de l’offre politique ?
L'écologie s'invite dans le débat politique depuis les dernières élections européennes. « On ne peut plus faire de politique sans mener des actions en faveur de l’écologie. La nouvelle génération désarçonne les partis en place, dont EELV (Europe écologie Les Verts). Cela constitue un terreau d’innovation politique intéressant », commente Emmanuel Négrier. Les mobilités douces, la santé, les espaces verts… font entrer l’écologie dans les villes. « Le développement durable est davantage perçu sous l’angle du bien-être des habitants que du réchauffement climatique, indique Nicolas Bouzou. Les villes moyennes ont un coup à jouer en misant sur les attentes résidentielles - temps de transport, prix de l’immobilier, accès à la culture - pour reconstruire de l’activité économique et attirer les jeunes générations qui fuient les métropoles. »
Les défis d’investissement ?
Nombreux sont les élus qui pointent des freins à l’investissement, à l'instar de Gilles d’Ettore, maire d’Agde et hôte de l'événement. Il dénonçe l’empilement des normes, la puissance de la Direction départementale des territoires et de la mer. « On a besoin d’une administration d’État partenaire ! Sur un mandat, ce sont des millions d’euros qui ne sont pas investis en raison des recours impactant vos entreprises et l’emploi », s'agace-t-il. Nicolas Bouzou est convaincu que « le mouvement des Gilets jaunes à conduit l'Etat à donner des marges de manœuvre financières aux collectivités afin de répondre aux besoins locaux, comme le digital et les mobilités avec les futures voitures autonomes. » Celui-ci appelle à « un acte 3 de la décentralisation » pour libérer davantage les investissements des collectivités.










