Valeco s’appuie sur la BEI pour financer neuf projets dans les énergies renouvelables
300 M€ investis à travers neuf projets éoliens ou photovoltaïques en France, pour une puissance installée de 180 MW. C’est la feuille de route de l’opérateur Valeco (Montpellier). Le financement sera assuré à hauteur de 60 M€ en fonds propres et de 240 M€ par des dettes, où la banque européenne d’investissement (BEI) joue un double-rôle : injection de liquidités et garantie. Première étape de ces neuf projets : l’inauguration, le 17/11, par Valeco, de la centrale solaire de la Découverte, sur une ancienne décharge et une ancienne mine de charbon, à Decazeville-Aubin (12). La centrale, d’une puissance de 11,4 MW, permet de couvrir la consommation d’électricité de 6.000 foyers. L’investissement s’élève à 15 M€. Deux autres projets (éoliens ceux-là) sont en projet dans le Tarn et l'Aveyron. Valeco reste discret sur les autres projets, encore en cours de montage, dans un contexte où les recours contentieux sont la règle.
Valeco a joué la carte des fournisseurs français pour la centrale solaire de Decazeville : les modules sont fabriqués par Sillia (Lanion) et les 1.810 trackers, orientant les modules en fonction du soleil, par Exosun (Martillac). Pour cet équipement aveyronnais, symbole entre une économie passée (charbon) et la transition énergétique, le financement est assuré par un consortium bancaire (Caisse d’Épargne CEPAC, Crédit Agricole du Languedoc et Unifergie-Groupe Crédit Agricole), Bpifrance, Mirova et par la garantie de la BEI dans le cadre du plan Juncker.
Qu’apporte la BEI dans le montage financier ? « Une industrialisation du financement, résume Gaël Joly, directeur financier de Valeco. Les banquiers commerciaux ont trouvé leurs liquidités auprès de la BEI pour 75 % des montants prêtés. La BEI propose des liquidités à taux bonifié, avec une amélioration de marge de 0,15 %, aux maisons-mères de nos trois banques commerciales. » Autre innovation : une garantie de 90 M€. « Si l’un de nos neuf projets faisait défaut au niveau du remboursement de sa dette, les banquiers pourront se retourner vers la BEI pour un remboursement de la moitié du montant prêté. » Ces liquidités et ces garanties permettent, d’après Gaël Joly, « au secteur de croître avec une meilleure assise, alors que nous avons de plus en plus de projets à sortir, ce qui occasionne beaucoup de liquidités pour les banques traditionnelles ». Le dossier a été bouclé en un an.
Chaque projet d’énergie renouvelable est porté par une société dédiée, à laquelle sont rattachés les actifs éoliens ou solaires, et qui gère les autorisations administratives. C’est à cette société que sont prêtés les fonds. « Les défauts de remboursement sont rarissimes, car le secteur bénéficie d’une visibilité à long terme, grâce aux obligations d’achat mises en place par la réglementation. » La BEI semble décidée à accélérer : « Il faut redoubler d’efforts en matière d’énergies renouvelables, pour que l’Europe prenne la tête de la course mondiale vers une économie plus durable », explique Miguel Arias Canete, commissaire européen chargé de l’action pour le climat et de l’énergie.
Valeco est détenu par la famille Gay (64,5 %) et la Caisse des Dépôts (35,5 %). Le groupe, spécialiste de l’éolien (deux tiers des installations), réalise un chiffre d’affaires de 40 M€ en 2017, en croissance de 15 %, et emploie 130 salariés et prévoit une vingtaine de recrutements en 2018.










