Doper l’économie de la mer
Cap sur la façade maritime. 180 personnes participent à la 1re convention d’affaire et d’innovation de l’économie du littoral et de la mer (BtoSea), organisée à Sète du 26 au 27/4 par les deux agences régionales d’innovation, Transferts et Madeeli, et par le pôle de compétitivité Mer Méditerranée, qui lance un appel à projets (cf. p.3). L’occasion de booster la croissance bleue en Occitanie, une région qui n'a pas encore de culture maritime - y compris en ex-LR. Directrice de la mer à la Région, Marie Tchakerian souligne que les ports de commerce « ont donc des besoins en termes d’innovation ». Cette recherche de solutions innovantes concerne notamment l’environnement. « Il peut s’agir par exemple de compensations environnementales en cas d’extension portuaire, du traitement des eaux de ballast, de la pollution des plans d’eau, de la mise en place de poubelles flottantes ou encore de trouver des alternatives aux groupes électrogènes utilisés sur les bateaux », énumère-t-elle. La question du recyclage des centaines de milliers de mètres cubes de sédiments extraits lors du dragage des ports pose également question.
Le changement climatique fait partie des préoccupations des entrepreneurs du secteur. « On parle de risques littoraux, avec l’élévation du niveau de la mer, explique François Carnus, directeur de projets à BRL Ingénierie (Nîmes - 30). Les problématiques déclenchées par l’érosion côtière vont être de plus en plus importantes. Il nous faudra prévoir ces phénomènes avec de nouveaux outils comme les satellites, qui peuvent anticiper les houles et les niveaux marins. Il faudra également adapter la gestion du littoral, avec de nouvelles solutions. Ce sont des défis techniques difficiles à relever. » Autre challenge, le numérique. « Par exemple, l’équipement en wifi des ports de plaisance », explique Marie Tchakerian. Chargé de développement chez CLS (Ramonville-Saint-Agne - 31), filiale du Cnes, d’Ardia et d’Ifremer spécialisée dans la fourniture de solutions d’observation et de surveillance de la Terre, Jean-Yves Le Bras insiste sur le rôle crucial des satellites pour collecter des données maritimes. « Celles-ci peuvent être utilisées pour diverses activités, comme le pétrolier off-shore pour prévoir les courants, l’éolien off-shore pour la mesure des vents, la pêche pour favoriser une gestion durable des ressources, ou encore la surveillance du trafic maritime et la préservation de l’environnement. »
Le port de Sète (34) compte prendre une place logistique et industrielle plus forte. « Nous sommes la première région méditerranéenne de France en superficie, en nombre d’habitants et en attractivité, confie Jean-Claude Gayssot, ex-ministre des Transports et nouveau président de l'EPR Port Sud de France. Avec le poids de l'aéronautique, du spatial, de l'agroalimentaire, du secteur vitivinicole, de la santé, Sète peut devenir la solution logistique des chargeurs d'ex-MP. Même si je comprends qu’il y ait des liens historiques de Toulouse avec Bayonne et Bordeaux. Si nous travaillons efficacement avec les industriels et les CCI, Sète aura sa place. »










