Vin : les impacts de la réforme du droit de plantation
Depuis le 1er janvier, la Commission européenne autorise chaque Etat membre à accroître son vignoble de 1 % par an. En France, cela représente près de 8 000 ha supplémentaires qui vont être mis à disposition. « En ce qui concerne le Languedoc-Roussillon, nous sommes passés en 35 ans d’un vignoble de 400 000 ha à près de 235 000 ha. L’objectif est plutôt de stabiliser la production, ou de l’augmenter légèrement quand la situation va mieux comme en ce moment », estime Laurent Mayoux, directeur adjoint de FranceAgriMer à Montpellier. « Si l’IGP Pays d’Oc a déjà annoncé avoir besoin de 2 Mhl de plus (cf La Lettre M du 26 novembre 2015), les AOP sembleraient vouloir poursuivre la valorisation de leurs vins plutôt que d’aller vers une extension du vignoble ». Également depuis le 1er janvier, le système des droits de plantation, payants et cessibles, se transforme en autorisations de plantation, non cessibles et gratuites.
Près de 700 ha de plus par an en LR
Les demandes de plantations nouvelles pourront être enregistrées à partir du printemps sur un site Internet dédié mis en service mardi 5 janvier. Pour l'instant, seule la conversion des anciens droits de plantation en autorisations de plantation est possible. « Si l’on observe les tendances de ces dernières années, où il était déjà possible d’accroître son vignoble jusqu’à 5 ha par an, sous conditions, les demandes de croissance portaient sur près de 700 ha par an en LR », indique Laurent Mayoux. Le représentant de FranceAgriMer ne tient pas compte de l’année 2015, où 2 500 ha de plus avaient été demandés en raison de la fin du système des droits de plantations et, avec eux, la fin des primes à la plantation dans ce cadre. « Si les 8 000 ha de plus autorisés au niveau français sont atteints, il sera procédé à une priorisation des demandes de plantations nouvelles », ajoute le directeur adjoint de FranceAgriMer. Mais avant même de considérer les éventuelles extensions du vignoble, le représentant de FranceAgriMer insiste sur le problème grandissant que rencontre la filière viticole qui est celui de la pyramide des âges. « Si personne ne peut porter cette croissance, c'est un vrai souci. »
Contingent de plantations
Afin de ne pas faire face à une demande trop importante de nouvelles plantations qui pourraient à terme déstabiliser le marché, certains organismes de défense et de gestion (ODG) d’appellations ont d’ores et déjà demandé un contingent de nouvelles plantations. Une douzaine d’ODG s'est ainsi manifestée auprès de l’Inao, principalement des AOP, à l’instar des appellations Minervois ou Corbières. En ce qui concerne la possibilité de faire des demandes de nouvelles plantations pour des vins sans indication géographique (VSIG), aucune demande de contingent n’a été formulée en LR. « Il n’y a sans doute pas de crainte d’une explosion des VSIG car aujourd’hui l’essentiel de la production régionale va vers des appellations et des indications géographiques », explique Laurent Mayoux. En 2014, le LR produisait près de 2 Mhl de vins en vrac sans indication géographique sur les près de 12 Mhl de vin produit en région. Pour Jérôme Villaret, délégué général du Conseil interprofessionnel des vins de Languedoc, « pas de raison que les vins sans IG augmentent car la production et surtout la commercialisation dépendent de l'état des marchés. Aujourd'hui nous sommes plutôt en sous-production sur les AOP et IGP où la demande est importante. Nous incitons à aller vers de la valorisation ».










