Les larmes de Martin Malvy, à l’heure du départ
En présence de Carole Delga, future présidente de la grande région, et de Pascal Mailhos, préfet de la région LRMP, Martin Malvy, président socialiste de la Région MP depuis 1998, a fait des adieux émus, jeudi soir à l’Hôtel de Région à Toulouse, en présence d’environ 300 décideurs et agents de la collectivité. A la fin d’un long discours de 18 pages, qu’il a lu au mot près, l’élu, en proie à l’émotion, a buté sur les derniers mots. « Merci à celles et ceux qui m’ont permis de transmettre le flambeau comme je souhaitais qu’il le soit. Parce que je pensais… », puis, reprenant son souffle au bout de quelques secondes, « parce que je pensais, et je pense aujourd’hui, qu’il est en de bonnes mains. Merci. » Ont suivi de longs applaudissements, certains de ses collaborateurs étant eux aussi émus aux larmes.
« Pour exister pleinement, cette région devra avoir un nom, a déclaré Martin Malvy. Je souhaite qu’il soit tiré de son histoire et de sa culture. Une grande majorité de Français voudraient vivre dans cette région. Nous devrions plus souvent nous référer au passé pour justifier le présent : les comtes de Toulouse, avec Montpellier pour l’intendance et Toulouse pour l’assemblée. »
« Ce que nous vivons aujourd’hui ne se reproduira pas de sitôt, a-t-il projeté. Cette région est la 2ème en France en superficie, vaste comme l’Irlande. Elle est la 5ème en population, est plus peuplée que 12 Etats de l’Union européenne. D’ici 2030, elle accueillera en moyenne 50 000 habitants supplémentaires par an. Elle est la 4ème région française en termes de PIB, et la 10ème en Europe, sur 274 régions. »
Parmi les secteurs d’excellence identifiés : agroalimentaire, 1er vignoble AOC au monde, 1er producteur ovin, numérique, robotique, énergies renouvelables, 1er pôle européen aéronautique et spatial. « Beaucoup voudraient pouvoir se comparer à nous. Le numérique pèse déjà plus de 40 000 emplois, avec deux métropoles labellisées French Tech, un territoire pilote en termes de silver économie, une robotique reconquise, un CEA Tech dans ses murs dans moins de 18 mois, un Institut français du sang qui contribuera au développement de la médecine régénérative. »
Sur le rôle des Régions : « Les Régions ne pourront pas tout, mais elles pourront beaucoup. Nous traversons une époque difficile, des efforts sont à produire pour le redressement de notre économie. Ce redressement est indispensable pour pratiquer une bonne politique sociale. J’ai vu des catastrophes, d’AZF (explosion de septembre 2001) à Merah (attentats de mars 2012), des fermetures injustifiées comme Molex, mais j’ai vu de beaux résultats. Demain, nous serons confrontés au numérique, à la fabrication additive. La vieille économie est confrontée à un raz-de-marée. Les écoles de la 2ème chance, école régionale du numérique, création d’un réseau régional de Fab Lab, font partie des réponses. Seul compte ce qui reste à faire, rarement compte ce qui a été fait. Ainsi va l’action publique. Il n’y a chez moi ni nostalgie, ni regret. Seule l’estime est à solliciter. Un peu d’estime au terme d’un parcours vaut toutes les récompenses. »
Entre 1986, date d’inauguration de l’Hôtel de Région sur les bords de la Garonne, et aujourd’hui, le nombre de collaborateurs est passé « de 242 à 3 422. S’agit-il d’une explosion traduisant une irresponsabilité des collectivités ? Non. C’est le signe d’une marche en avant de la décentralisation et des responsabilités nouvelles confiées aux Régions. Les Régions de 2015 ne ressemblent pas à celles des années 80 et 90. »
Enfin, citant Jean Jaurès : « il n’y a qu’une seule race : l’humanité ». D’après Martin Malvy, « le racisme est la première des plaies ».
Lors du cocktail, qui s’est poursuivi jusqu’à 22 heures, Martin Malvy s’est prêté au jeu des selfies et des photos, pendant que de nombreuses personnes ont rempli le livre d’or dressé pour l’occasion. Martin Malvy fêtera ses 80 ans le 24 février prochain.










