Zoom Sur. Exclusif. TWB, une nouvelle ambition européenne
La plateforme toulousaine TWB (Toulouse White Biotechnologies) affiche un bilan à deux ans, en avance sur ses objectifs et de nouvelles ambitions à l’international.
«Avec 12 M€ de contrats signés à notre actif, nous sommes en avance sur nos projections initiales, qui étaient de 7,3 M€ à 5 ans », avance d’emblée Pierre Monsan, directeur de TWB.
11 projets financés par des industriels
Spécialisée dans la conception et le développement d’outils biologiques (enzymes, microorganismes, …) dédiés aux nouvelles voies de production de biopolymères, biomatériaux, biocarburants, TWB a été retenue au printemps 2011 au titre des Investissements d’Avenir (cf. mps n° 1823), comme « démonstrateurs industriels en biotechnologies ». La plateforme toulousaine, portée par l’Inra Toulouse Midi-Pyrénées, est engagée depuis sa création, dans trois grands projets de R&D : Synthacs, qui vise à synthétiser par voie biologique des molécules à haute valeur ajoutée à partir de ressources carbonées renouvelables et ProBio3, avec Airbus et de Sofiproteol, pour le développement de nouvelles formules de kérosène pour avions, financés par les Investissements d’Avenir et Thanaplast, aux côtés de l’auvergnat Carbios, pour du recyclage de matières plastiques, financé par Oséo. S’ajoutent dorénavant 11 projets, financés par des industriels, dont 8 signés en 2013. « Un premier brevet est en cours de dépôt sur la production d’un biopolymère », précise Pierre Monsan. TWB a par ailleurs engagés, sur autofinancement, 8 autres projets, à hauteur de 2,6 M€. Là encore, les premiers brevets sont en cours de dépôt.
53 emplois créés en 2 ans
Créée officiellement en février 2012 avec 2 salariés, TWB emploie aujourd’hui 53 personnes, dont une cellule exécutive de 5 personnes, une équipe de fonctions support (comptabilité, gestion…) de 9 personnes, 7 personnes pour les plateaux techniques et 32 chercheurs et ingénieurs engagés sur les programmes proprement dits. « Sans compter les 25 chercheurs du LISBP - Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes Biologiques et des Procédés - qui contribuent à l’encadrement des projets », souligne Pierre Monsan. D’ici fin 2014, les effectifs devraient être portés à 70 salariés.
Ouverture du consortium
Outre les 3 tutelles institutionnelles (Inra, Insa et CNRS), le consortium de TWB est constitué de partenaires publics, dont Toulouse Métropole, la Région et le Sicoval, deux pôles de compétitivité (IAR en Picardie et Agri Sud-Ouest Innovation), Inra Transfert, France Brevets, Toulouse Tech Transfer... mais aussi de 20 industriels, dont des grands groupes tels que Sofiproteol, Total ou Veolia et des PME, parmi lesquelles les sociétés régionales GTP Technology ou LibraGen. TWB souhaite ouvrir ce consortium à de nouveaux industriels. « Nous souhaitons notamment favoriser l’entrée d’équipementiers », précise Pierre Monsan.
Vers un réseau européen
L’accent est également mis sur les partenariats, le travail en réseau et l’ouverture à l’international. TWB a engagé des rapprochements avec Axelera, à Lyon, pour favoriser les synergies dans le domaine des procédés biologiques à l’interface de la chimie et de la biologie, avec le Génopole d’Evry, pour du cofinancement de projets et avec Bio Base Europe, en Belgique. Sous l’égide d’Europa Bio (une association européenne des industriels des biotechnologies), TWB travaille aussi à la mise sur pied d’un réseau européen impliqué dans les biotechnologies blanches.
Un seul frein, l’immobilier
A l’étroit dans les 800 m2 qu’elle occupe sur le parc du canal, dans le bâtiment Canal Biotech II, mis à disposition par Toulouse Métropole, TWB disposera bientôt de 1 600 m2 supplémentaires, dans un bâtiment voisin, propriété du groupe Pierre Fabre. Les travaux d’aménagement (800 K€) sont financés par la Région, le Sicoval et Toulouse Métropole. Mais cela ne permettra pas de faire face à sa croissance. « Depuis le début, notre principal frein reste cette question des locaux », souligne Pierre Monsan. Une réflexion serait en cours, dans le cadre du nouveau CPER, pour trouver une solution qui permette un regroupement sur un seul site, à proximité de l’Insa.
Marina Angel
encadré
Unité Mixte de Services
20 M€ obtenus au titre des investissements d’avenir










