ZOOM. Le spécialiste gersois de la crevette frétille
Chapô
La PME de l’Isle Jourdain n’en finit pas de grandir. Entre diversification produits, acquisition d’un concurrent, export lointain, l’actualité de Crusta C est bien remplie.
EXCLUSIF «Après 20 ans passés dans une logique de volume, nous évoluons vers une logique de niches et d’innovation » indique le DG et fondateur de Crusta C, Franck Nguyen. Sa PME, installée à l’Isle Jourdain dans le Gers, s’est hissée parmi les leaders européens de la crevette cuite. Parti en 1993 en vendant 500 kg de crevettes en une année, la société en commercialise désormais 15 000 tonnes/an. Elle affiche cette année 94 M€ de CA (contre 78 M€ un an auparavant) pour 187 salariés, au siège gersois mais aussi dans les deux autres usines, à Boulogne/Mer et Vitrolles. Alors que sa crevette tigrée a une 2e fois reçu le label « Saveur de l’année » (+ 20 % de ventes à la clé) 2014 aurait dû être pour Crusta C l’année de l’export lointain. Avec la Russie en l’occurrence. Mais l’embargo russe contre les produits occidentaux a pour l’instant tout stoppé.
Innovation et diversification
L’export lointain devait s’appuyer sur le recours à la technique de la haute pression (avec un partenaire barcelonais), avec toutes les validations organoleptiques réalisées par le CTCPA, à Auch. « Ce n’est que différé, et cela ne devait se faire, via des tests (avec l’enseigne Auchan, NDLR) et que sur des produits à haute valeur ajoutée (langoustines, langoustes) » tempère Franck Nguyen. Outre l’innovation conditionnement, l’innovation produit n’est pas négligé, y compris en diversifiant. Lancé en septembre, la première tonne de saumon emballé sous vide, au rayon «marée» d’Auchan, a été écoulée. «Il s’agit d’un partenariat noué avec KarlSmokeHouse, installée près de chez nous» indique le nouveau responsable produits, Ugo Rivière, qui arrive en provenance du groupe Labeyrie. Autre produit dans les tuyaux : des crevettes, cette fois marinées. Deux références seront bientôt proposées… Là aussi, l’innovation se fera avec un conditionnement «skin», où les crevettes seront cuites dans l’emballage et pasteurisées en même temps.
Acquisition d’Océa’Crus à Vitrolles
Des investissements seront réalisés (four à vapeur, aménagements des locaux, approvisionnements en sauces, etc.), certainement à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône. Crusta C s’apprête en effet à y racheter un concurrent, la société Océa’Crus (8 M€ de CA). «Nous récupérerons leurs ateliers, deux bâtiments avec d’un côté la cuisson des crevettes, de l’autre leur conditionnement» précise Franck Nguyen. L’usine actuelle de Crusta C, de 2500 m2, traite 2 700 tonnes/an mais s’avère désormais un peu petite…
Export « de voisinage »,
sourcing mondial
Malgré les velléités d’export lointain, pour l’instant stoppées, Crusta C réalise 10 % de son CA à l’étranger, essentiellement en Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni et Italie. Plusieurs pays d’Europe de l’Est sont aujourd’hui clairement ciblés, Pologne, Roumanie et Croatie en tête. «Il y a de vrais différences culturelles. La consommation de crevettes est encore anecdotique dans cette zone» indique Franck Nguyen. Pas question (pour l’instant), d’envisager l’implantation d’une nouvelle unité de production… Le sourcing de matière première est lui clairement mondial et ne cesse d’évoluer. Les crevettes viennent de Madagascar, d’Inde, d’Equateur, du Nigéria… bientôt du Vietnam et de Tunisie. 4 à 5 nouveaux producteurs intègrent le réseau Crusta C chaque année.
La distribution,
autre enjeu majeur
L’ensemble des enseignes de la GMS distribue les produits Crusta C. Les rapports avec Auchan sont particulièrement proches, permettant l’accompagnement à l’export et l’innovation produits. En Pologne, cela pourrait se faire aussi avec Carrefour. Des enseignes comme «Grand Frais» sont également clientes. Et depuis deux ans, l’ensemble des enseignes du hard discount s’y est mis. Sans compter les grossistes, tels que Pomona ou Meric.
Crusta C vient d’obtenir un financement long terme d’1 M€ pour ses développements, via le groupement GIAC Agro. Des discussions avec des fonds d’investissements ont déjà eu lieu, sans suite jusqu’à présent.
Aurélien Tardiveau
Crusta C en chiffres
- Création en 1993
- 94 M€ de CA
- 187 salariés
- 15 000 tonnes de crevettes traitées/an
- … produits en catalogue










