ZOOM. Grandes manœuvres 2013
CHAPO : L’hôpital va connaître une année décisive. L’établissement est en train de rédiger son projet pluriannuel et aborde le pic de sa courbe d’investissement, 160 M€ cette année.
Jacques Léglise, le nouveau directeur, vient à peine d’arriver en provenance de l’AP-HP La Pitié Salpétrière. Une solide expérience, qui ne sera pas de trop pour gérer les gros dossiers. L’établissement, qui devrait afficher un budget de plus d’1 Md€ en 2013 (arbitrages en cours), est en train de boucler son projet d’établissement pour 5 ans. Une énorme tâche, qui n’empêche pas les travaux de se poursuivre, l’évolution de la gouvernance ou des modes de financement.
Travaux tous azimuts
Sur Purpan, l’année est surtout consacrée aux déménagements : le bâtiment psychiatrie (8 000 m2) sera livré en août et intégré en octobre (24,5 M€ investis), la clinique Riquet en décembre (330 M€ investis). Côté travaux, le bâtiment urgences-réanimation (23 000 m2, 90 M€), contigu à Riquet, sera livré en septembre 2014, pour une mise en service début 2015. La majorité de ces travaux est en lien avec l’objectif de suppression des hôpitaux miroir. A Rangueil, une restructuration d’envergure (30 M€) concerne le regroupement de toute l’activité gastro-digestive (d’ici 2016), sur ce seul site.
Surtout, le schéma directeur Rangueil-Larrey va être lancé (sur 4 ans). Objectif : regrouper un maximum de spécialisations ambulatoires sur Larrey, plus facile d’accès que Rangueil. Difficulté supplémentaire : ces transferts se feront en site occupé. La Grave (quartier Saint-Cyprien) connaîtra aussi du mouvement, avec l’avancement du projet d’hôpital de santé publique (soins, recherche et enseignement). La plateforme de la fragilité (gérontologie) et de la prévention de la dépendance y sera déménagée. Avant de pouvoir, ensuite, occuper les locaux de l’Institut Claudius Regaud, qui va déménager ses équipes à l’Institut Universitaire du Cancer (Oncopôle).
Finances-performance
« Le CHU de Toulouse est en 2013 sur le pic de la courbe d’investissement pluriannuel, avec 160 M€ (135 M€ en 2012, NDLR) » indique Dominique Mariage, directeur financier. Parmi les nouveautés financières figurent le recours à un emprunt obligataire à 10 ans, sur les marchés financiers, contracté en janvier, collectivement avec plusieurs autres CHU. C’est la première fois que l’établissement toulousain a recours à ce mode de financement. 30 M€ ont été récoltés, et le CHU a été noté « AA » par l’agence Fitch. Afin de boucler l’enveloppe d’investissement de 160 M€, le CHU apporte également 30 M€ en autofinancement (net) et va contracter près de 100 M€ en emprunt bancaire classique, en cours de négociations.
S’agissant de la gestion du CHU, un contrôle de la CRC Midi-Pyrénées a eu lieu au second semestre 2012. Le rapport d’observations provisoires a été envoyé fin décembre. Le rapport définitif est attendu mi-2013, mais le directeur par intérim, Hervé Léon, indiquait dès mi-janvier « ne pas avoir de gros doutes sur sa teneur positive ». En 2012, le CHU a dégagé un excédent de 900 K€, avec une hausse d’activité de 3 %.
Au rayon performance, le CHU a vu l’arrivée d’une nouvelle secrétaire générale de la direction, Bénédicte Motte, au long parcours. La responsable sera également en charge des relations internationales, mais surtout du comité de pilotage de la performance, stratégique.
Patrimoine… et social
Combien coûte La Grave ? L’affaire traîne depuis des années. L’évaluation du Ministère de la Santé est attendue pour juin, par le CHU mais aussi par la mairie de Toulouse. Un chapitre global sur le patrimoine et sa gestion, devrait sans surprise être présent dans le rapport de la CRC Midi-Pyrénées.
En termes social, le CHU reste assez bouillonnant. La direction avance le chiffre de 500 recrutements depuis 4 ans et la maitrise des dépenses. Du côté des personnels, on évoque plus volontiers l’austérité et les conditions de travail dégradées. Cinq conflits sociaux ont été répertoriés depuis le début de l’année. La direction reconnaît que bien des services sont en flux tendus, sans avancer de réelles solutions. Une enquête auprès des personnels a été lancée. Hervé Léon, directeur adjoint, s’est engagé à rendre les conclusions publiques.
Aurélien Tardiveau
Le CHU de Toulouse en chiffres
- Environ 1 Md€ de budget 2013
- 160 M€ d’investissement 2013
- 30 M€ en autofinancement net
- 130 M€ d’emprunt
dont 30 M€ en emprunt obligataire
- 3 635 médecins
- 10 420 personnels hospitaliers










