ZOOM. Bruno Le Besnerais, président de l’Ordre des Experts Comptables Midi-Pyrénées
Chapô : L’Ordre des experts-comptables de Toulouse/Midi-Pyrénées entend plus que jamais être l’interface incontournable auprès des TPE-PME.
Titre : « Nous sommes une valeur ajoutée sous-exploitée »
Quel bilan 2012 tirez-vous ?
Nous sommes environ 800 experts comptables sur Midi-Pyrénées (hors Aveyron) et nous avons enregistré une légère progression en solde net. En termes de pyramide des âges, une vague importante de départ en retraite est attendue sur les prochaines années. C’est pour cela que nous poursuivons notre effort de promotion auprès des jeunes. 35 jeunes diplômés s’inscrivent chaque année à l’Ordre, dans la région. La même proportion intègre des entreprises.
Vous venez d’être élu, pour 2 ans, à la présidence de l’Ordre. Quelle est votre feuille de route ?
Il y a continuité avec ce qui a été fait par Nicole Calvinhac. Le cœur du métier de l’Ordre est de faire respecter les règles qui nous incombent. Mais c’est aussi montrer la valeur ajoutée que nous pouvons apporter aux TPE-PME, une valeur ajoutée encore sous-exploitée. Nous sommes bien souvent utilisés comme DAF à temps partagé, entre plusieurs PME. Hors un DAF peut faire bien plus que des bilans comptables. Nous ne sommes pas que des rétroviseurs (comptes), mais aussi un outil d’anticipation (tableaux de bord). L’expert-comptable est un gage de confiance auprès des tiers, administration fiscale ou banque. Ensuite, il faut être irréprochable, d’où des règles ordinales strictes et des contrôles en hausse. Même si la région est peu touchée, nous avons 70 dossiers en instruction sur 2012, pour des suspicions d’exercice illégal.
La profession connaît des évolutions technologiques et de conseil. Quid des avantages ?
Nous avons fait un effort d’adaptation, avec les TIC et les télétransmissions de données. L’équipement en logiciels performants est aujourd’hui quasi général dans les cabinets. C’est un avantage, car cela offre de nouvelles potentialités, comme un suivi temps réel de la comptabilité et des projections plus faciles à réaliser.
Comment cela se traduit-t-il en matière de formation continue ?
L’activité du Cerecamp (centre de formation continu de l’Ordre) s’est fortement développée depuis 5 ans. Il y a un minimum de 40 heures annuelles obligatoires à respecter pour chaque expert-comptable inscrit à l’Ordre. Ensuite, le personnel des cabinets est aussi audité, avec un contrôle qualité que nous effectuons tous les cinq ans et qui s’est renforcé les dernières années. Ensuite, beaucoup d’experts choisissent de compléter leur formation initiale avec des spécialités. L’Ordre a noué des partenariats pour proposer des modules, comme avec AG2R-La Mondiale en matière patrimoniale.
L’élargissement de votre activité vous fait-t-il entrer en concurrence avec les avocats d’affaires et les consultants ?
Nous sommes complémentaires. L’expert-comptable est comme un médecin généraliste, c’est le premier niveau. Il consulte et conseille ensuite ses clients pour le recours à des spécialistes. Les experts comptables ont en revanche de nouveaux marchés à couvrir. Sur le crédit d’impôt recherche (CIR) par exemple, les marges de certains consultants sont très importantes, alors que nous pourrions le faire tout aussi bien, à des tarifs plus convenables.
Les RH sont-elles aujourd’hui en tension ?
Cela reste à la marge. Deux campagnes liées à la GPEC ont été conduites en 2011 et 2012, pour anticiper les besoins futurs. C’est une initiative régionale, qui devrait être élargie prochainement au plan national, preuve de sa pertinence.
Votre communication apparaît très active. Cela va-t-il se poursuivre ?
Nous allons plus que jamais continuer à être partenaires de l’ensemble des institutionnels : CCI, CMA, Banque de France, services de l’Etat et des collectivités. Nous avons toute notre place, car nous sommes en contact direct avec le terrain. Et plus il faut aussi défendre notre marque « expert-comptable », afin de progresser.
> Propos recueillis par Aurélien Tardiveau
L’Ordre Midi-Pyrénées en chiffres
- 800 experts-comptables
- 4 500 collaborateurs salariés
- 22 000 heures de formation continue (Cerecamp)
- 35 diplômés/an s’inscrivent à l’Ordre dans la Région










