Fil infos

|
Biotechs - Santé
| 26/06/2013

ZOOM : Biologie médicale : taille critique… et après ?

CHAPO : Ouverture du capital des labos, normes drastiques, industrialisation, baisse des tarifications. Le secteur est en ébullition : la profession a grogné et vient de voir une nouvelle loi votée. La concentration des acteurs est, elle, toujours à l’œuvre.

EXCLUSIF. «Les besoins en implantations sont couverts ». L’Agence régionale de santé Midi-Pyrénées (ARS) estime qu’avec 220 sites - 196 laboratoires privés et 21 publics - on compte 1 laboratoire pour 12 774 habitants, au-dessus de la moyenne nationale (1/17 000 habitants). A Toulouse, on compte même 47 laboratoires.

Norme qualité, tarification
« Nous sommes dans une évolution complexe, qui associe hausse de la réglementation (process, traçabilité), industrialisation et en même temps baisse des tarifications. Notre rentabilité est entamée » explique le biologiste Jean-Marc Gandois, président de l’Union des Biologistes de Midi-Pyrénées. La nouvelle accréditation, obligatoire d’ici 2016, coûte 450 K€ à un laboratoire moyen. Problème : l’automatisation accrue n’a pas permis de vrais gains de productivité. Aucune fermeture de site n’a pourtant eu lieu. « Tous les labos ont une clientèle de proximité et une mission de santé publique. En revanche, le nombre de sociétés devrait être divisé par 4 d’ici 5 ans » analyse Jean-Marc Gandois.

Concurrence … entre indépendants
La course à la taille critique est à l’œuvre. Des réseaux nationaux - Novescia, Unilabs, Cerba, Labco - sont apparus en 2008 et ont fait flamber les prix de cession. Avec un paradoxe : ceux qui font l’actualité sont les « indépendants ».
CBM est le laboratoire leader, avec 11 sites dans l’agglo toulousaine. « La valorisation des labos a atteint des sommets, jusqu’à 140 % du CA. CBM est en phase de consolidation, après de la croissance externe en 2011 et 2012 » explique Patrick Bellon, l’un des associés. CBM a réalisé 19 M€ de CA en 2012, et compte Ixo PE à son capital depuis 2010 (5 M€ investi).
Biolab Avenir (9 établissements, 5,5 M€ de CA), installé à la Clinique Pasteur, a fusionné avec trois labos en 2012 et grossit rapidement.
Hors Toulouse, les choses bougent aussi. L’aveyronnais LXBio (Rodez) compte 11 sites et a fusionné avec LSAbio début 2012 (Millau, Saint-Affrique), et dans le Tarn, avec Biolab 81 (Gaillac, Albi) fin 2012. Le groupe pèse 200 salariés et 17 M€ de CA. Sur le piémont pyrénéen, Biomedica compte 5 sites, pour 10,3 M€ de CA (Ixo PE est au capital). Face à lui, un concurrent de taille : le groupe Cerba (Tarbes, Lourdes, Saint-Gaudens, etc.).
De fait, les grands réseaux sont quasi tous là. Mais ils sont finalement peu puissants. « Beaucoup de labos régionaux sont de taille moyenne, certains accolés à de grandes cliniques (Cèdres, Biosud, Biolab). Ils ont absorbé les changements voire lutté face aux groupes financiers » explique Jean-Marc Gandois.

Vers une 2e concentration
Le réseau Novescia compte 13 sites (Haute-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne), pour 17 M€ de CA 2012 et 150 salariés. « Deux tiers des biologistes vont partir à la retraite d’ici 2020. Il y a aura pénurie et quelquefois désertification. Nous essayons de nous positionner, auprès de l’ARS, pour s’installer avec les maisons pluridisciplinaires de santé. Et des regroupements entre labos vont encore avoir lieu » indique Gaston Atlan, directeur de Novescia Midi-Pyrénées. Son groupe, qui dispose d’un plateau technique ultramoderne (1 900 m2, 3 M€ investi), est dimensionné localement pour doubler de taille. Unilabs a de son côté racheté Cedibio en 2011 (9 sites). Labco n’est pas présent. Le réseau de biologistes indépendants Labster est parti de Labège (31) en 2009. Il compte peu de labos localement, mais 180 sites en France (200 M€ de CA cumulé)…. Fin 2011, il avait levé 60 M€ pour les biologistes affiliés, avec Montefiore Investment. « Nous n’en avons jamais eu besoin, les banques ont toujours suivi », précise Richard Fabre, fondateur de Labster. Ce dernier estime que « la recomposition du secteur n’est pas achevée, surtout à Toulouse. » Patrick Bellon, du laboratoire CBM, voit aussi « une 2e phase de concentration débuter. Et CBM réfléchit à son devenir, alors que notre partenaire (Ixo) doit sortir d’ici 3 ans…» Au-delà, certains outils capitalistiques pourraient faciliter la tâche des biologistes, comme les SPFPL, finalement autorisées.
Aurélien Tardiveau

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie