ZOOM Abattoirs : enjeux et perspectives en Midi-Pyrénées
CHAPO
Une étude menée par le GIE Promotion Elevage, avec la DRAAF Midi-Pyrénées et FranceAgriMer, vient de dresser un état des lieux de la filière.
L’augmentation des volumes depuis 2008 n’est qu’une façade. Depuis 2011 les tonnages de viandes abattues baissent en Midi-Pyrénées (-2 % par an). 2013 n’y échappe pas, et les risques pour la pérennité de certains outils d’abattage sont prégnants… Par-delà le constat général, l’étude du GIE Promotion Elevage évalue les enjeux stratégiques pour la filière viande dans son ensemble : quel équilibre de gouvernance entre outils publics et privés, quelle complémentarité possible, quelles solutions pour maintenir les investissements, etc.
Tailles et statuts nombreux
Ce qui marque d’abord, c’est la diversité des établissements d’abattages, autant sur leur forme que leur statut. On trouve 8 abattoirs de petite taille, 8 de taille intermédiaire et 10 dits « industriels »… 13 de ces 26 abattoirs sont propriété des collectivités, qui s’impliquent dans une logique d’aménagement et de soutien aux filières. Le secteur est pourtant fortement concentré, avec 80 % des volumes réalisés par 4 industriels (Bigard, Arcadie, APO, FIPSO). Généralement, la tendance est aujourd’hui à la recherche de la bonne formule de partenariat public/privé et à l’implication des usagers. La relance de l’abattoir de Villefranche de Rouergue, passé d’une gestion en régie directe à une SEM, a impliqué tous les acteurs (cf. mps n°1865). Le regroupement de certains outils est même désormais sur le billot.
Activités en baisse, dépendance, contrats
Les volumes abattus sont en baisse depuis 2011, principalement du côté des acteurs industriels. En cause : les chutes de production qui affectent toutes les espèces, et des approvisionnements de proximité qui sont tendus. Certains petits outils souffrent de la captation des animaux par les abattoirs de grande taille. Dans le détail, 62 % des animaux abattus proviennent de Midi-Pyrénées, mais il n’existe quasi plus d’élevages sur la bande Bordeaux-Castelnaudary.
Un autre problème de taille est la dépendance à un utilisateur principal. S’ils sont plus de 2 600 usagers identifiés, une part considérable (89 %) des volumes se concentre dans les mains de 60 grossistes. 15 des 26 abattoirs ont un seul usager qui abat plus de 50% du volume total. Une tendance lourde, qui ne devrait pas stopper… L’un des enjeux tient à la sécurisation de l’activité, en généralisant le recours aux contrats, qui restent encore exceptionnels dans la filière. L’abattoir de Villefranche de Rouergue vient par exemple d’y avoir recours, pour 6 000 tonnes par an, avec la filiale viandes de Leclerc (cf. mps n°1935).
Globalement, une des problématiques majeures tient en une meilleure adéquation entre amont et aval, dans une logique « filière » évidente. Quel est donc la juste distance entre lieux de production, abattoir, tarifs/services rendus, et plus encore marchés/débouchés ?
Rentabilité... et aides
En étudiant le taux d’utilisation des outils d’abattage par rapport à leur capacité, il ressort que les abattoirs industriels sont en moyenne à 109 % de leur capacité, les intermédiaires à 76 % et les petits tournent à 58 %. La nécessité de saturer les équipements apparaît obligatoire, eu égard aux coûts fixes élevés et aux investissements récurrents à consentir (sanitaires en particulier). Les problèmes de normes rencontrés par l’abattoir de Sainte-Affrique (12) sont là pour le rappeler… Aucun des équipements de Midi-Pyrénées n’est d’ailleurs classé en catégorie 1, la plus satisfaisante.
Si la conjoncture ne semble pas favorable, les investissements envisagés par les acteurs (maintenance et capacité confondues) restent élevés. Cette année, jusqu’à 15 M€ pourraient ainsi être injectés par les abattoirs industriels, 9 M€ par 8 abattoirs intermédiaires, et jusqu’à 3 M€ pour les petits. Tous demandent en revanche à bénéficier d’aides publiques.
Aurélien Tardiveau
Les abattoirs régionaux en chiffres
- 197 714 tonnes abattues en 2012 (- 2 % par rapport à 2011)
- 26 abattoirs
- 62 % des animaux abattus sont « régionaux »
- 40 % des tonnages vont au national et à l’international
- L’Aveyron compte le plus grand nombre d’abattoirs
le Tarn le tonnage le plus important
- 1 482 emplois directs, à 81 % dans l’industriel










