Zone aéronautique : les élus du nord-ouest toulousain tirent la sonnette d’alarme
Opération lobbying des élus du nord-ouest toulousain, le 17 janvier, avec le lancement - devant la presse et en présence de représentants de la CCI de Toulouse, de la CCI Occitanie et de l’Aéroport de Toulouse-Blagnac – d’une pétition intitulée « Stop à l’asphyxie : je n’en peux plus alors je signe ! ». L’initiative, portée par Joseph Carles, maire de Blagnac, est soutenue par six autres maires de communes situées dans la zone aéroportuaire et aéronautique (Aussonne, Beauzelle, Cornebarrieu, Gagnac, Mondonville et Seilh). Leur message : « Dénoncer l’asphyxie des voies rapides, des routes et des quartiers d’habitat d’un territoire qui concentre 1,1 million de déplacements chaque jour ». Un appel lancé au gouvernement, mais aussi aux collectivités territoriales, en particulier à Toulouse Métropole, alors que les grandes orientations du Plan d’aménagement routier métropolitain (Parm) pourrait être dévoilées « à la fin du mois », selon Guy Lozano, maire de Seilh. Les élus du nord-ouest de Toulouse ne seraient-ils pas certains d'être entendus par la majorité métropolitaine, interroge La Lettre M ? « Disons que si notre pétition recueille 100 000 signatures, nous serons plus audibles ! sourit Joseph Carles. Notre objectif est que le désengorgement de notre territoire fasse partie des priorités, avec un calendrier et un financement. »
Parmi les nombreuses pistes évoquées par les élus dans leur pétition, on note la création d’un accès nord par le prolongement de la RD902 et la création d’un pont au nord sur la Garonne. « Un projet attendu depuis plus de trente ans », grincent les élus. Autres pistes : le prolongement de la RD902 à Aussonne et Seilh, la réalisation d’études portant sur la RD1 et la RN224 à Mondonville, ainsi que sur un accès nord à l’aéroport, et la création d’une liaison entre la RD63 et la RN224 entre Cornebarrieu et Colomiers. « Les grands chantiers, s’ils sont actés, prendront sept à dix ans avant d’être réalisés, estime Joseph Carles. Nous souhaitons par conséquent que puissent être mises en place, dans l’intervalle, des solutions permettant de fluidifier la circulation dans le territoire. » Amélioration des transports en commun, création d’une brigade autoroutière, déploiement de pistes cyclables sécurisées… : plusieurs propositions sont sur la table.
« L'implantation des entreprises est freinée »
« La situation actuelle est très négative pour les entreprises, estime Rodolphe Robert, délégué syndical CGT à l’Aéroport de Toulouse-Blagnac. Car un salarié qui a passé une heure dans les bouchons avant de prendre son poste n’est pas dans les meilleures dispositions… » Du côté de la CCI de Toulouse, Patrick Lafforgue, président de la commission Promotion et attractivité de la métropole, estime que « ces problèmes de circulation freinent l’implantation des entreprises dans un territoire en plein développement économique. » Alain De La Meslière, directeur des opérations d’ATB, partage le constat, tout en se voulant résolument optimiste. « La situation actuelle est le résultat d’une forte dynamique économique, analyse-t-il. Nous faisons donc face, d’une certaine manière, à des problèmes de riches. Beaucoup de choses ont déjà été faites pour apporter des améliorations. Il faut accélérer, aller encore plus loin. » La zone aéronautique et aéroportuaire toulousaine compte près de 90 000 emplois.










