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Hérault
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Immobilier / Tourisme - Loisirs
| 1/09/2021

Zac Ode à la mer - Acte 1 : une concertation à double détente

La zone urbaine baptisée « Ode à la mer » (236 ha), située principalement sur les communes de Lattes et de Pérols au cœur de la métropole de Montpellier, fait l’objet d’une double concertation publique dont les premières réunions publiques se sont tenues ce 31 août. La première concertation concerne la modification de la procédure d’aménagement de la Zac Ode à la mer - Acte 1 (36 ha) pour laquelle il reste encore 12,5 ha à urbaniser. « Cet espace foncier a fait l’objet de différentes décisions, à savoir l’abandon de Shopping Promenade (groupe Frey) adossé à des hôtels et des bureaux pour laisser place à un nouveau projet d’aménagement qui s’articule autour de la création d’un stade - stade Louis Nicollin - comme pôle de vie sur une emprise de 8 ha adossé à la réalisation d’espaces tertiaires et commerciaux adaptés aux commerces de demain », précise Laurent Combes, directeur opérationnel de la SA3M en charge de l’aménagement de cet espace urbain. La création de cette Zac, prévue d’ici à mi-2022, est un préalable à l’implantation du futur stade Louis Nicollin porté par le club MHSC (maître d’ouvrage), le Groupe Nicollin et des partenaires privés.

Zac Ode à la mer – Acte 1 : des projets hôteliers attendus
D’ores et déjà, des études sont engagées sur l’emprise foncière d’Ode à la mer - Acte 1 concernant les mobilités (BET Ingerop) afin de modéliser le trafic les jours de match et hors jour de match, l’hydraulique (BET Egis Eau), la biodiversité (BET Nymphalis-Ingerop), l’acoustique et la qualité de l’air (BET SCE Environnement), l’insertion urbaine et la qualité des espaces publics (Reichen&Robert et associés, architectes urbanistes) avec le choix d’un paysagiste (maîtrise d’œuvre secondaire) d’ici à septembre prochain. « Il s’agit de créer un quartier avec des fonctions urbaines autour du sport, des loisirs et des nouvelles attentes de consommation à travers des commerces, de l’immobilier d’entreprise, des services et des équipements d’intérêt collectif publics et privés comme le stade, explique Laurent Combes. Même si cette zone est desservie par la ligne 3 du tram, il faut travailler sur la desserte du site et sur une trame paysagère. »
« Sur Ode à la mer - Acte 1, une part sera dédiée au stade et une autre au transfert d’activité économique des zones du Fenouillet, Soriech et Solis. Il n’y aura pas de logement, mais nous avons déjà une demande pour de l’hôtellerie à laquelle je suis favorable, indique à La Lettre M Pierre Rico, maire de Pérols. En effet, cette offre hôtelière répondrait aux besoins de l’Arena, du parc des Expos et du futur stade, équipements situés à proximité de la Zac. En outre, Pérols est située en 2e ligne du littoral et peut aussi satisfaire une demande hôtelière. » Le calendrier prévoit la création de la Zac à horizon 2022 pour des travaux d'aménagement lancés en suivant en lien avec ceux du futur stade.

Les contours du futur stade
Soutenu par Michaël Delafosse, maire et président de la Métropole de Montpellier ainsi que de la SA3M, ce projet de transfert du stade de La Mosson vers la Zac Ode à la mer - Acte 1 fait aussi l’objet de l'autre concertation publique préalable (cf newsletter de La Lettre M du 31 août) en vue de la réalisation de l’équipement dont le coût est estimé à de 180 M€ à horizon 2024-2025. La livraison de ce stade devrait coïncider avec les cinquante ans du club de football qui « incarne la ville de Montpellier », souligne l'élu montpelliérain chargé des Sports Christian Assaf, justifiant du maintien de l’équipement sur la métropole.
« Nous entrons dans une phase importante du projet. Il s’agit de la dernière ligne droite. Le but va être d’offrir des réponses aux gens. On continue de valider le business plan. L’heure n’est pas à évoquer la pose de la première pierre », déclare Laurent Nicollin, président du MHSC (260 salariés) lors de la conférence de presse de lancement de la concertation. Celle-ci fera l’objet de quatre ateliers thématiques*. « La concertation est importante pour le club comme pour les collectivités. Sans vous, nous n’arriverons pas à créer ce site qui sera plus qu’un simple stade mais un lieu de vie. Nous sommes prêts pour les discussions et à relever ce challenge ! », souligne Laurent Nicollin. Les porteurs du projet travaillent avec l’architecte François Fontès, potentiel investisseur, afin de trouver un équilibre entre l’ambition du club de créer un outil capable d’offrir une expérience aux supporters et le coût du projet qui sera amorti par l’accueil d’activités générant des loyers.
Restant évasif sur d’éventuels désistements de partenaires financiers, Laurent Nicollin élude vite le sujet : « Des partenaires pourront partir, d’autres pourront nous rejoindre. » Malgré les incertitudes liées aux droits de retransmission TV (64 % du budget du MHSC), le président se montre rassurant : « La holding Nicollin assumera la continuité du projet ». « Le projet de stade comprend un axe football sur 35 000 m2 avec des gradins, la pelouse, des espaces réceptifs, de salons VIP et une coursive de 10 000 m2 qui sera dotée d’espaces de restauration et d’animation, précise Mathias Frappa, chef de projet du stade au sein du MHSC. L’autre axe porte sur l’utilisation des espaces non utilisés comme les dessous des tribunes qui pourraient accueillir des activités économiques sur 40 000 m2 répartis en cinq pôles : bureaux (20 000 m2), services (hôtels, restaurant, crèche), loisirs (bowling, billard…) et espace loisirs (salle de sport/spa, musée, concerts…). »

Les enjeux : accessibilité, équipement...
Lors de la réunion publique autour du stade, les premières inquiétudes et attentes se sont fait jour : choix de l’implantation à Pérols, mobilités et accessibilité du stade, choix des tribunes... « Ce choix d’implantation d’un stade en zone urbaine est celui qui sera le moins coûteux pour la collectivité. Le club se positionne aussi comme un acteur citoyen en devenant propriétaire du site : investissement, fiscalité… Il sera aussi éco-responsable tant par sa conception et construction (10 000 m2 de panneaux photovoltaïques, gestion de l’eau et des déchets, clauses d’insertion dans les futurs marchés, NDLR). Nous visons les labels Breeam et Bâtiment durable Occitanie, mais nous n’en sommes qu’à l’avant-projet sommaire. Cet investissement devra aussi profiter aux entreprises locales. Enfin, cet équipement répondra aux enjeux de mobilité douce et à la préservation de l’environnement, rappelle Jean-Pierre Massines, directeur du projet du stade du MSHC.
« Je n’irai jamais voir un match en vélo ! », interpelle un habitant de Boirargues, commune limitrophe, inquiet aussi sur les nuisances (congestion sur la RD 66, bruit). « L’enceinte du stade sera pourvue de 1 500 places de parking et 450 places pour les vélos. Il faudrait réaliser 6 000 places de parking pour bien faire mais nous n’en avons les moyens ni financiers ni fonciers. Nous pouvons nous appuyer sur l’aéroport, la gare Sud de France, le tramway, les parkings limitrophes, un réseau cyclable et étudions la possibilité de navettes ainsi que des billets comprenant le match, le parking et le transport en commun », répond Jean-Pierre Massines. « Les équipements structurants de demain devront tendre vers un aménagement lié à un mode alternatif à la voiture », poursuit Laurent Combes.

Créer de l'attractivité
« Notre idée est de faire venir les supporters plus tôt et qu’ils restent plus longtemps. Pour cela, il faut être en capacité d’offrir des services pour avoir une capacité d’attractivité des supporters dans l’enceinte du stade. Cela passera aussi par le digital afin de créer de l’interactivité au sein du stade », poursuit Jean-Pierre Massines. Parmi les attentes exprimées, celle de l’association des supporters les Ultras qui souhaite avoir des tribunes debout. « Nous réfléchissons à un équipement agile qui permettrait de répondre à votre demande et aux enjeux de sécurité demandés par les instances du football. En outre, le stade sera susceptible d’accueillir d’autres événements. Nous ne souhaitons pas qu’un manque de places assises nous fasse défaut », précise Jean-Pierre Massines. Celui-ci a laissé entendre que même si le stade sera couvert pour abriter les tribunes et atténuer le bruit, « nous ne serons pas tenus par l’organisation de concerts pour boucler le budget du stade ». Autres attentes, l'évolution des prix des billets...

*Environnement, cadre de vie et insertion urbaine (16 septembre), Accessibilité, stationnement et cohabitation des usages (20 septembre), Socio-économie, activités in stadia et projet de Zac (29 septembre), Architecture, intégration paysagère et identité du stade (30 septembre)

Véronique Coll, avec Mickaël Deneux / redaction.montpellier@lalettrem.net
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