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Aveyron
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Tourisme - Loisirs
| 9/03/2026

Yves Verdié (Verdié Voyages) : « Je fais du voyage, pas du business ! »

© Verdié Voyages

Le groupe aveyronnais Verdié Voyages, qui vient de racheter le spécialiste des colonies de vacances Djuringa Juniors, poursuit sa croissance. L’entreprise ruthénoise de 250 salariés a enregistré 138 M€ de chiffre d’affaires l’an dernier, en hausse de près de 12 %. Interview exclusive d’Yves Verdié, PDG d’un groupe en plein développement qui doit composer avec l’évolution de la demande, la concurrence et les soubresauts géopolitiques.

L’année 2025 a-t-elle été bonne pour Verdié Voyages ?
Oui, ça a été une bonne année, avec une croissance de près de 12 %. Nous avons enregistré 138 M€ de chiffre d’affaires, contre 123 M€ en 2024. Notre activité s’est développée dans nos quatre grandes activités : le tour-opérateur Verdié Voyages, qui représente la moitié de notre chiffre d’affaires global, Verdié Business (gestion des déplacements professionnels), qui pèse environ 20 %, mais aussi Verdié Open Class (séjours scolaires à l’étranger) et Verdié Hello (voyages pour les jeunes) qui représentent à eux deux 30 % de notre volume d’activité.

Vous avez largement dépassé votre niveau d'activité pré-Covid. Comment s’est déroulé ce rebond ?
Il faut se souvenir de ce qui s’est passé à l’époque. Tout s’est brutalement arrêté. Nous avons enregistré trois années blanches sur les voyages scolaires et à peu près dix-huit mois sur les voyages en général. Mais pendant tout ce temps, nous avons conservé le lien avec nos clients. Lorsque la pandémie a cessé, l’activité a repris très fort. Nous avons dû nous adapter à ce rythme particulièrement soutenu. Et entre-temps, le monde a évolué et le marché a changé. Nous avons su faire d’une crise une opportunité en intégrant un certain nombre de technologies, tout en conservant ce qui fait notre force : le contenu et l’humain. Aujourd’hui, les attentes des voyageurs sont différentes. Ils souhaitent de la valeur ajoutée, et c’est justement notre positionnement.

La situation géopolitique actuelle impacte-t-elle votre activité ?
Nous vivons un tourbillon géopolitique. Nous accompagnons actuellement un certain nombre de voyageurs bloqués au Moyen-Orient. Nous les assistons, assurons leur sécurité et organisons leur rapatriement au fur et à mesure. Cette situation aura-t-elle un impact sur notre activité en 2026, alors que nous avions à nouveau prévu une croissance à deux chiffres ? Sans doute. Mais lorsque l'on regarde en arrière, on constate que ça a toujours été le cas : au fil des années, les crises se sont succédé, même si nous l’avons parfois oublié. Nous avons la capacité de surmonter ces moments de crise liés à la géopolitique.

Vous avez racheté récemment Djuringa Juniors (69), spécialiste des colonies de vacances en France et de la gestion d’hébergement dédié aux jeunes. En quoi cette opération est-elle stratégique pour votre groupe ?
Nous avons en effet repris cette belle entreprise de 40 salariés permanents, qui gère plus de 1 500 animateurs saisonniers et près de 100 collaborateurs dans quinze centres accueillant chaque année 20 000 jeunes (pour un chiffre d’affaires de 16 M€, NDLR). Je connaissais bien la société et son dirigeant, avec qui nous partageons les mêmes valeurs. Cette opération nous permet de compléter notre offre Séjours jeunes sur le territoire français. C’est une corde de plus à notre arc. Désormais, avec nos trois marques Verdié Hello, Verdié Open Class et Djuringa Juniors, nous générons un chiffre d’affaires d’environ 60 M€ sur cette activité.

D’autres opérations de croissance externe sont-elles à venir ?
Nous sommes toujours à l’affût d’opportunité pouvant enrichir notre groupe. Nous sommes susceptibles de rechercher des entités qui peuvent compléter notre maillage territorial ou qui proposent des savoir-faire complémentaires aux nôtres. Il y a aujourd’hui un certain nombre de belles sociétés sur le marché, notamment dans le cadre du départ à la retraite de leurs fondateurs.

Quelle est votre perspective de croissance ?
J’ai l’habitude de dire que je fais du voyage, pas du business ! Certains ont une logique de croissance, d’économies d’échelle et de plus-value. Ce qui nous intéresse, nous, c’est le contenu, l’excellence. Ce n’est pas la même philosophie. En clair, il ne s’agit pas de grossir pour grossir. Je voudrais que nous restions des artisans, que nous conservions notre savoir-faire et que nous le fassions grandir au fil du temps, au bénéfice de nos clients.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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