Viticulteurs à Narbonne : la colère gronde
Le syndicat départemental des vignerons de l’Aude (4.000 adhérents) appelle à manifester samedi 25/3 à Narbonne. « Nous voulons jeter une bouteille de vin dans la campagne électorale », déclare Frédéric Rouanet, président du syndicat. Quatre sujets cristallisent tout particulièrement les tensions viticoles selon le syndicat : les prix du vin « qui ont enregistré un recul moyen de 6€/hl par rapport à la campagne précédente », la mondialisation qui entraîne « une concurrence déloyale au sein même de l’UE » en matière fiscale, sociale et environnementale, la loi Evin et le fait que « les vins soient trop souvent encore dénigrés et assimilés aux alcools forts » et les charges d’exploitation qui ne permettraient pas d’être compétitifs. « Certaines caves sont pleines et les prix baissent sans raison valable. Avec une volonté politique, on peut éviter la crise », poursuit Frédéric Rouanet. Le négoce joue l’intimidation, certains spéculent… » Parmi les propositions : développer la contractualisation, obtenir un acompte de 15 % à la signature du contrat, retour de l'aide à l'enrichissement par moût concentré, des rayons spécifiques aux vins étrangers dans les grandes surfaces, une étiquette « Origine France », des contrôles réguliers, éducation et découverte des produits, mise à plat des charges...
Pour Le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) a fait part de son soutien aux viticulteurs du Languedoc : « la colère est justifiée, les importations de vin à prix cassé, les vraies fausses indications sur les origines des produits déstabilisent ce secteur. (..) L’urgence est que l’Etat convoque tous les acteurs et impose à chacun de prendre les mesures qui préservent l’outil de travail et la production des viticulteurs. » La réunion programmée avec les acteurs du bassin viticole par le préfet de région le 31/3 pourrait avoir ces sujets à l'ordre du jour.
Contre La Confédération paysanne indique au contraire qu’elle « n’(ira) pas à Narbonne » : « nombre de ceux qui appellent à cette manifestation font partie du sérail. Ils râlent quand ils sont victimes du libéralisme et applaudissent quand ils en sont bénéficiaires. » Pour la Confédération : « Il n'est pas difficile de faire l'unanimité quand il s'agit de dénoncer les importations à bas prix de vins espagnols ; il est plus difficile de la faire quand il s'agit d'identifier les responsables de ce commerce qui asphyxie les viticulteurs de notre région », reprochant au syndicat de ne pas peser « sur l'interprofession, le négoce et la holding qui ambitionne de faire un chiffre d'affaires de Un milliard sans se soucier du revenu des viticulteurs ». La Confédération paysanne met aussi en garde « contre la tentation de produire à nouveau massivement du vin d'entrée de gamme ».










