Vin : les défis de l'IGP Pays d'Oc
« Il y a 30 ans, nous produisions 200.000 hl de vin IGP Pays d’Oc, aujourd’hui nous en sommes à 6 millions. C’est inespéré, se réjouit Jacques Gravegeal, cofondateur et président du syndicat des producteurs de vins IGP Pays d’Oc à l’occasion de la 30e AG du label, le 1/12 à La Grande-Motte (34). On nous appelait à l’époque les cow-boys, car nous lancions des vins de cépage dans une France AOCisée. » Aujourd’hui, l’IGP Pays d’Oc représente près de la moitié de la production viticole régionale ex-LR. En termes de distribution, 52 % des ventes se font sur le marché France. « Des progrès sont à produire en CHR (café, hôtel, restaurant) », note Florence Barthès, directrice du syndicat. Parmi les exportateurs mondiaux de vins de cépage, Pays d’Oc occupe la 6e position avec 2,6 Mhl, devant la Nouvelle-Zélande et derrière l’Argentine (5e), la Californie (4e), l’Afrique du Sud (3e), l’Australie (2e) et le Chili (1er).
Le prochain défi que devra relever le label : s'étendre aux vins à bulle. Un arrêté interministériel validant la réintégration de la catégorie des vins mousseux de qualité dans le cahier des charges de l’IGP Pays d’Oc est attendu, « avant le 10/12, sinon on ne pourra pas déclarer de vins mousseux en Pays d'Oc pour cette campagne 2017 », s'inquiète l'Audois Michel Servage, président de la confédération des vins IGP. « Nos concurrents sont à l’étranger, alerte Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs de vins IGP Pays d’Oc. Les Italiens et les Espagnols, avec le Prosecco et le Cava, sont en train de prendre toutes les parts de marché. » Autre enjeu, celui de la contractualisation pluriannuelle entre production et négoce. « Il ne faut pas avoir une vision à court terme basée sur la spéculation, insiste Gérard Bancillon, secrétaire général du syndicat. Depuis 2011, sur les 5,2 Mhl contractualisés chaque année auprès des metteurs en marché, 10 % uniquement le sont dans le cadre d’une contractualisation pluriannuelle. » L’interprofession Pays d’Oc va proposer un contrat pour le vrac sur trois ans, avec une variabilité de 10 % (à la hausse ou à la baisse) selon la récolte. « Les vins de cépage peuvent encore grandir, assure Jacques Gravegeal. Le merlot Pays d’Oc ne peut être produit qu’ici, et c’est ce caractère unique qu’il faut valoriser. » Asseoir davantage la notoriété du label Pays d’Oc est donc l'une des priorités, pour que le consommateur ne cherche plus juste un merlot ou un viognier, mais bien le merlot et le viognier labellisé Pays d’Oc. « C’est le point crucial des prochaines années, conclut Olivier Simonou, président de l’interprofession des vins IGP Pays d’Oc et directeur du site Castel à Béziers (34). À l'instar de Bordeaux et Champagne, Pays d’Oc doit être une marque. »
(Mise à jour du 12/12) Un arrêté interministériel du 8/12, publié au Journal officiel le 10/12, valide le cahier des charges des vins IGP Pays d’Oc, les vins mousseux de qualité y compris, comme cela était attendu fébrilement par la profession. Les déclarations de récolte 2017, à faire le 12/12 au plus tard, pourront donc prévoir des vins effervescents en Pays d’Oc. En 2016, 7.847 hl de vins mousseux de qualité ont été produits sur la zone de production Pays d’Oc (976 hl en 2012).










