Valeco se structure pour développer une offre hydrogène vert
L’énergéticien montpelliérain Valeco (groupe EnBW) annonce à La Lettre M avoir deux projets de production d’hydrogène vert « bien avancé » en Occitanie. « Il s’agit de projets de 5 à 10 MW. Nous avons par ailleurs d’autres projets à l’étude au niveau national », indique François Daumard, le président. Le groupe a constitué une équipe de trois collaborateurs dédiée à l’hydrogène vert à Montpellier qui sera portée à cinq en 2023. Selon le dirigeant, « le marché de la filière hydrogène doit s’organiser. Il faut travailler sur des usages autres que la mobilité lourde ». Avec une croissance à deux chiffres, Valeco affiche un chiffre d'affaires de près de 70 M€ avec 250 salariés.
Un marché mature d'ici 2030-2035
Si l’Ademe subventionne déjà des projets hydrogène vert et incite à développer des grands projets (supérieur à 5 MW) pour rentrer dans un schéma industriel, « le marché de l’hydrogène ne sera pas mature avant 2030-2035, la vague ne fait que commencer ! Déjà, des groupes pétroliers préparent d’importants projets de 5 à 10 GW de puissance à l’international en s’appuyant notamment sur des terminaux gaziers pour transporter l’hydrogène produit à partir du solaire ou d’éolien partout dans le monde, relève François Daumard. Toutefois, il y a déjà des options possibles pour accélérer – ou comme alternative au gaz russe - dans les secteurs privés comme publics. Par exemple transposer le PPA (Power Purchase Agreement, contrat d’achat d’énergie) en PPH dédié à l’hydrogène ». Selon lui, « la filière de l’hydrogène et les métiers qui gravitent autour va susciter de nombreuses créations d’emplois dans les cinq à dix ans à venir. Pour autant, la formation dédiée à 100 % à l’hydrogène n’existe pas encore. Aussi, les personnes qui ont réussi à capitaliser les formations nécessaires sont chassées pour développer les projets hydrogènes : développement, construction et exploitation ».
L'enjeu du coût
Le dirigeant rappelle que la production d’hydrogène vert dépend de la production d’électricité verte ce qui explique que le prix de l’hydrogène reste encore supérieur à celui de l’énergie solaire ou éolienne. « L’hydrogène produit avec un électrolyseur sert à stocker de l’énergie mais peut aussi être transporté par camion pour alimenter des stations à hydrogène à condition que la distance n’excède pas un rayon de 100 km. Il ne faudrait pas que le coût du transport rende rédhibitoire le prix de l’hydrogène vert à la station. », poursuit-il. Selon lui, l’hydrogène produit peut se stocker mais cela reste compliqué car très volatil.










