Unesco : Moudenc va la jouer "piano"
Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, a détaillé, le 16/10 au Quai des Savoirs, le parcours du combattant qui attend la Ville rose dans son dossier de candidature pour un classement à l’Unesco – en Occitanie, la Ville de Nîmes (30) prépare également un dossier.
« L’Unesco doit voir une dynamique de réalisation déjà existante. C’est le cas avec la mise en lumière des monuments, les actions autour de la Garonne... Le dossier ne doit pas être qu’une ambition pour demain.
La 2ème condition à remplir, plus difficile : l’Unesco a développé le concept VUE (valeur universelle exceptionnelle). C’est-à-dire que notre dossier devra prouver que ce que l’on veut voir labellisé doit avoir une valeur à la fois universelle et exceptionnelle. Il faut que l’on démontre que ce qui pourrait être classé ne sera pas vu ailleurs. C’est un exercice très difficile !
Autre difficulté : l’Unesco est de plus en plus attentif à ce que le monde entier soit représenté. Or, la vieille Europe est sur-représentée. Et c’est l’Italie et la France qui cumulent le plus de site. Et, à l’intérieur de la France, l’Occitanie est la région qui a le plus de sites classés ! Bref, il faut qu’on soit excellentissimes. Nous devons faire un comparatif avec tous les sites labellisés au niveau mondial, pour s’assurer que ce que l’on va présenter n’est pas déjà labellisé ailleurs. Je ne veux pas que l’on se presse, pour des raisons de communication ou électorales, car on compromettrait les chances du dossier. »
Le dossier toulousain pourrait porter sur les tours capitulaires dans l’hypercentre, « renvoyant au jeu des pouvoirs au fil des siècles dans Toulouse ».
Autre écueil sur ce parcours du combattant : l’État français « a décidé, en début d’année de ne plus déposer deux dossiers par an, mais un seul. De notre côté, l’essentiel est de s’inscrire dans une dynamique, avec des réalisations, tout en prenant le temps avec des scientifiques, des sachants du monde patrimonial, pour bâtir un bon dossier ».
Sur les risques de déclassements du Canal du Midi : « Depuis 20 ans qu’il y a eu le classement du Canal du Midi au patrimoine mondial de l'Unesco, il n’y a pas eu de gouvernance. Le tort que nous avons eu, c’est qu’une fois le site classé, on s’est dits : « on s’en tient là ». L’État n’a pas mis en place de gouvernance de l’ensemble du linéaire. Alors, depuis 20 ans, on a vu de tout. Des communes ont embelli les berges ; Ailleurs, elles ont été privatisées ; Et à d’autres endroits, elles se sont effondrées. Il s’est créé une situation anarchique. Une sous-préfète a été nommée, Marie-Thérèse, Delaunay, sous l’impulsion du préfet de région Pascal Mailhos. C’est une bonne chose : l’Unesco est attentive au fait que les pouvoirs publics réagissent sur un bien qu’elle a classé, et qui est en péril. À Toulouse, nous avons entrepris de rénover et d’éclairer les ponts du Canal. »










