Un Toit pour Tous accentue sa présence dans l’Hérault

Le bailleur social Un Toit pour Tous accentue son action dans l’Hérault : sur les 500 logements qui seront engagés en 2014 et 2015, « les deux tiers seront réalisés dans l’Hérault : agglos de Montpellier (Restinclières, Carnon, Grabels, Lavérune...), Béziers..., indique mardi Jean-Paul Giral, directeur général. Deux opérations sont en cours de montage à Balaruc-les-Bains et Frontignan. » Pour symboliser cet ancrage héraultais, la conférence de presse dressant le bilan 2013 (chiffres ci-contre) s’est déroulée pour la première fois à Montpellier, à Odysseum. « Des villages autour de Montpellier, tels que Pérols, Lattes ou Mauguio, ont explosé et se retrouvent avec un déficit énorme de logements sociaux », a relevé Jean-Paul Giral.
S’il note un effort des bailleurs, et des pouvoirs publics - le dernier CRH a fixé la barre à 7 200 logements sociaux, « alors que nous arrivions péniblement à 3 500 il y a cinq ans » -, il fait part de sa préoccupation : « le taux de logement sociaux en L.-R. est passé sous le seuil des 10 % (9,8 %), alors que deux Languedociens sur trois peuvent prétendre à un logement social, et que la moyenne nationale se situe autour de 16 % ».
Lever les freins
D’après Bernard Lasserre, président, « le logement social subit la baisse de la production de logements neufs. Sur l’agglomération de Montpellier, on n’a quasiment pas accès au foncier en direct. On doit passer par les programmes mixtes des promoteurs. » Parmi les autres freins évoqués : cherté du foncier, flambée des recours, accumulation « stupide » des normes (obligation d’avoir une place de parking par logement, alors que la plupart des locataires n’ont pas de voiture ; accessibilité handicapés), difficulté des entreprises de construction d’avoir de la lisibilité dans leur planning de travaux, clarification nécessaire des compétences dans les collectivités locales...
Précarité
« Une partie de la population ne peut même pas payer le loyer d’un logement social au vrai prix, a ajouté Bernard Lasserre. Il faut produire du PLAI. La population qui vient habiter dans la région est soit pauvre, soit en recherche d’emplois. Le L.-R. est une région où il y a une très grande précarité. » 66 000 demandes de logements sont insatisfaites dans la région. « Il n’y a pas d’autre solution que de construire, sauf à faire repartir la population », résume Jean-Paul Giral. D’après lui, il y a un trop grand écart entre sphères privée et publique. « On est à un rapport d’un sur deux avec les loyers dans le privé (12 € / m2 environ). En clair, quand vous êtes dans un logement social, vous n’en sortez plus. Le parcours résidentiel est totalement gelé. Les deux sphères doivent se rapprocher. Aujourd’hui, le saut est trop grand à faire. »
Interrogé sur l’arrivée au pouvoir de Philippe Saurel, Jean-Paul Giral répond : « Philippe Saurel a posé pendant la campagne la question de la répartition du logement social sur le territoire, et de la nécessaire pluralité des bailleurs sociaux. Ce sont à mon sens les vrais enjeux. Le problème n’est pas à Montpellier, où il y a déjà 20 % de logements sociaux, mais en 1re, 2e et 3e couronne. La vraie question, c’est : demain, où mettre du logement social entre le Pic-Saint-Loup et la mer, et entre Lunel et Sète ? »
Pour la période de septembre 2013 à septembre 2015, Un Toit pour Tous prévoit la réalisation d’environ 600 logements et la réhabilitation de 390 autres, pour un coût total de 86 M€. Le bailleur a ouvert une agence à Antigone, à Montpellier.
Photo (HV) : à droite, Jean-Paul Giral ; à gauche, Bernard Lasserre.










