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| | 21/05/2014

« Un rapport à charge, uniquement pour casser les CCI »

Didier Gardinal, président de CCI Midi-Pyrénées et trésorier du réseau CCI France

CHAPO
Le réseau des chambres de commerce, engagé dans des réformes successives depuis 4 ans, a très mal vécu les détails qui ont fuité du rapport de l’IGF-Igas, qui sera remis en juin au gouvernement.
1 Quelle est votre première réaction s’agissant des détails du rapport IGF-Igas en préparation, négatifs pour le réseau des CCI ?
On nous accuse d’avoir mis de l’argent de côté (2 Md€ de fonds de roulement, à l’échelle française, NDLR), alors même que cela fait partie de nos obligations. On nous accuse d’avoir trop perçu de dotations. Parallèlement, nous avons perdu 15 % de recettes fiscales en 2010, puis 20 % en 2014... L’objectif est simplement de trouver de l’argent pour respecter les 50 Md€ d’économies promis. Ce n’est qu’un rapport à charge, fait pour nous casser. C’est insoutenable d’entendre que nous nous engraissons sur le dos des entreprises. Nous avons reçu les auditeurs pour ce rapport, il y a moins d’un mois, et leur avons exposé le modèle de mutualisation développé en Midi-Pyrénées, plébiscité au plan national. Il est aberrant, alors que l’on vient nous chercher pour faire des actions, de nous couper les moyens de participer au pacte de compétitivité.
2 Midi-Pyrénées va-t-il copier Nord-Pas-de-Calais, qui vient d’annoncer qu’il fusionnera en une seule chambre en 2015 ?
Ils ont anticipé ce que propose ce rapport, à savoir une chambre par région, point. Mais le Nord-Pas-de-Calais est une toute petite région en termes géographiques. Le président de la CCI Nord de France, Philippe Vasseur, le reconnaît lui-même : le modèle n’est pas transposable partout. Il faut poursuivre les efforts engagés, par une mutualisation intelligente, qui permet de gagner en efficacité. Plusieurs modèles sont possibles.
3 Quid des mutualisations réalisées et à venir en Midi-Pyrénées ?
Nous avons joué en Midi-Pyrénées l’efficacité, dès 2011, contre le plus grand nombre. En 2013, plusieurs fonctions supports (RH, DAF) ont été mutualisées entre CCI Midi-Pyrénées et CCI Toulouse. Nous avons établi des formations partagées, un règlement commun, sans suppression de postes. La CCI Midi-Pyrénées est désormais employeur unique, et cela s’est fait à coût 0, grâce aux efforts des personnels. Cela fait 4 ans que le point d’indice est bloqué, comme partout dans le public.
La mutualisation va se poursuivre, sur les contrats d’assurance, l’informatique, etc. Nous devrions économiser 900 K€ en 2014, en Midi-Pyrénées, du fait de cette politique.
4 L’évocation de mise sous tutelle des CCI par les Régions, en février, a fait vivement réagir. Les contrats de développement, entre collectivités et CCI, sont-ils suffisants ?
Nous n’avons pas attendus cela pour nous coordonner, et nous continuons à le faire sur beaucoup de thèmes, comme l’international par exemple. Mais il y a en fait deux sujets derrière ces considérations : l’argent et le « qui fait quoi ». Nous n’avons jamais remis en cause la compétence des Régions en termes d’appui au développement économique. Mais il y a un schéma, dans lequel nous revendiquons notre place, comme d’autres acteurs. On ne veut pas devenir un simple service du Conseil régional, ou alors que l’on nous intègre pleinement. Mais je pense qu’aucune autre structure n’est capable d’avoir un tel maillage et proximité avec les territoires et leurs entreprises.
5 Quelles sont les prochains projets collectifs ?
Il nous faut poursuivre les efforts entrepris sur les mutualisations, avec la CCI de Toulouse, mais aussi les CCI territoriales. Je ne devrais pas le dire, car c’est presque un suicide pour moi, mais la CCI de région et celle métropolitaine devraient à terme fusionner. Ensuite, dans notre projet on ne veut pas régionaliser mais plutôt métropoliser les territoires. La métropole ne peut pas tout faire et doit surtout faire profiter de ses avantages. C’est en ce sens que l’on réfléchit à confier des missions régionales aux CCI territoriales. Un gros travail relatif à la parité va aussi se faire, pour les prochaines élections.
Propos recueillis par Aurélien Tardiveau

Verbatim : « On ne veut pas régionaliser mais plutôt métropoliser les territoires. »

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