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Haute-Garonne
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Agri - Agro
| 26/03/2021

Un nouvel élan pour les insectes de Micronutris

Après avoir été ralentie par un cadre réglementaire flou, la société toulousaine Micronutris (quatre salariés, CA : n.c.), qui conçoit et commercialise des produits à base d’insectes pour l’alimentation humaine, prévoit « une grosse phase d’accélération » cette année, indique la présidente de l’entreprise, Julie Gervreau.
Créée en 2011, Micronutris a démarré la commercialisation de ses produits (snacking et produits pour les sportifs) en 2012-2013. En 2018 cependant, Micronutris a connu un coup d’arrêt avec la publication d’un arrêté préfectoral demandant que la commercialisation soit suspendue, en attendant que l’Efsa (l’autorité européenne de sécurité des aliments) valide le dossier « novelfood » (nécessaire pour commercialiser des produits alimentaires qui n’existaient pas avant 1997) déposé par Micronutris. « Nous avons déposé deux dossiers début 2018 relatifs aux deux espèces que nous élevions : le ténébrion (ver de farine, NDLR) et le grillon. En novembre 2017, le commissaire européen avait précisé dans un discours devant l’ensemble des professionnels de la filière insectes que les insectes entiers étaient éligibles aux mesures transitoires, mais la France n’a pas appliqué ces mesures », explique Julie Gervreau.

Reconquérir les distributeurs

L’Efsa vient de valider en janvier le dossier novelfood pour les ténébrions, permettant ainsi à Micronutris de conforter la commercialisation de ses produits. « Il faut un dossier par type d’insecte. Nous attendons désormais la validation pour les grillons que nous utilisons dans certaines de nos recettes », confie la présidente.
Avant ces péripéties réglementaires, les produits Micronutris étaient notamment commercialisés chez Grand frais et Nature et Découverte. « Nous allons devoir reconquérir nos anciens clients et en trouver de nouveaux », indique Julie Gervreau qui croit malgré tout en l’avenir de ses produits. « Les aliments à base d’insectes sont riches en protéines, tout en étant plus respectueux de l’environnement que l’élevage de viande traditionnel. Si on compare au bœuf par exemple, pour élever des insectes, on a besoin de 50 fois moins d’eau, de sept fois moins de végétaux et on produit 100 fois moins de méthane et 50 fois moins d’ammoniac ! »
Pour cette année, Micronutris prévoit ainsi « une augmentation des volumes de production, des recrutements et une multiplication du chiffre d’affaires par deux ou trois », espère la présidente.

Bérengère Bosi / bosi@lalettrem.net
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