Un nouveau statut pour Toulouse Business School : pour quoi faire ?
Le 31 décembre, deux grandes écoles de commerce françaises ont troqué leur statut d’école consulaire pour celui d’école d’enseignement supérieur consulaire (EESC) : HEC Paris et… Toulouse Business School (TBS). Simple formalité juridique ou outil stratégique de développement ?
« L’EESC ressemble un peu à une SA (société anonyme) mais elle en diffère par plusieurs points : l’actionnaire majoritaire doit être une CCI ; s’il y a d’autres actionnaires, ils ne peuvent pas avoir plus de 33 % des parts ; aucun dividende n’est versé, etc. », précise François Bonvalet, directeur général de TBS. Qu’en est-il aujourd’hui ? « Les statuts ont été déposés, la structure juridique existe mais les apports (éléments de haut de bilan : cash, marques, immobilier, etc.) ne sont pas encore faits. » Quelles conséquences pour les salariés de TBS ? « Les nouvelles embauches se font dans le cadre du statut d’EESC mais les personnels consulaires déjà en poste auront 15 ans pour décider d’intégrer ou pas la nouvelle structure. » TBS, qui réalise 45 M€ de CA, consacre environ 20 M€ par an à sa masse salariale (300 permanents, dont 92 professeurs, et entre 500 et 600 vacataires).
Pour François Bonvalet, ce nouveau statut va surtout permettre une plus grande agilité dans la prise de décision. « Nous allons fonctionner comme une vraie société, avec la possibilité d’ouvrir le tour de table à d’autres actionnaires qui, bien que minoritaires, pourront exercer une pouvoir de conseil et de contrôle. » Le directeur général confie que « trois entreprises se sont à ce jour déclarées intéressées mais elles attendent de connaître la valorisation de l’école, en cours de finalisation. » Sur les montants que TBS pourrait lever en ouvrant son capital, François Bonvalet ne se prononce pas : « Plus les sommes seront importantes, plus nous pourrons aller vite dans le déploiement de nos campus à l’étranger, par exemple. »
Quid du futur campus toulousain de TBS ? Implantée sur 22 000 m2 utiles répartis entre 5 sites, l’école manque de place pour accueillir ses 5 000 étudiants et 2 000 cadres et dirigeants en formation continue. Mais, pour l’heure, la CCI de Toulouse n’a pris aucune décision d’agrandissement sur les sites existants ou de regroupement sur un campus unique. Si Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, s’est dit favorable, le 16, à une implantation de TBS sur la partie Ensica du site Guillaumet (Jolimont), Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse, s’en tient à question du financement : « TBS a besoin de 40 000 m2. C’est un projet qui se chiffre entre 70 et 80 M€ et que l’on ne boucle pas à l’heure actuelle. Donc il faut trouver des aides extérieures et nous les cherchons. »










