Un fonds d’investissement solidaire voit le jour en Haute-Garonne
Quand les chefs d’entreprise de Haute-Garonne se serrent les coudes. Initié dans le cadre d’un groupe de travail de la CCI de Toulouse, un fonds d’investissement solidaire baptisé Promptus est en train de se structurer, abondé par des dirigeants d’entreprises locales. Complémentaire aux dispositifs existants, il interviendra en haut de bilan, à hauteur de 500 k€ maximum (contre au moins 5 % du capital), dans des entreprises à potentiel qui rencontrent des difficultés conjoncturelles ou qui peinent à financer leur développement. « Nombreuses sont les entreprises n’ayant pas accès aux financements qui leur permettraient de traverser une mauvaise passe ou d’accélérer au bon moment, explique à La Lettre M Gérard Trullen, ancien dirigeant de l’imprimerie Chabrillac, président de Promptus et de la commission « financement et développement, pérennité » de la CCI de Toulouse. Une banque va par exemple se montrer frileuse quand il s’agit de prêter à une entreprise en redressement judiciaire qui, pourtant, gagne de l’argent mais pas assez pour rembourser ses dettes ET investir. Ce phénomène, que nous constations déjà avant la crise, s’est encore amplifié avec celle-ci. Entre PGE et reports d’échéances, les entreprises vont faire face à un mur de dettes qui va pénaliser leurs développements futurs. D’où notre mobilisation autour de ce projet de fonds d’investissement solidaire. »
Un premier investissement avant l'été
Pour l’heure, une vingtaine d’entrepreneurs toulousains participent à cette initiative en qualité de « gentlemen investisseurs », comme aime à les définir Gérard Trullen. « Ils agissent dans la discrétion, plus pour aider leurs pairs en difficulté et maintenir de l’activité sur leur territoire que par intérêt financier », résume-t-il. « Promptus, c’est une vraie démarche solidaire, confirme Patrick Cavagné, président de PCA Promotion et investisseur Promptus. Car d’une part, nous n’attendons pas une rémunération autre que marginale de notre participation et d’autre part nous proposons à l’entreprise bénéficiaire de la suivre pendant toute la durée de l’intervention (cinq ans minimum, NDLR) en participant notamment à ses instances de décisions. »
La cible de Promptus : des entreprises locales de 20 à 50 personnes, ayant des besoins entre 100 et 200 k€, « ce qui ne manque pas dans le territoire ! » admet Gérard Trullen, qui espère mobiliser environ 1 M€ (contre un peu moins de 500 k€ à ce jour) et boucler un premier investissement avant l’été. Plusieurs entreprises sont déjà dans le viseur de Promptus, « certaines évoluant dans le secteur des services, durement touché par les fermetures administratives, ou de la sous-traitance aéronautique, d’autres en bonne santé mais ayant besoin d’investir pour accélérer leur R&D ou lancer de nouveaux produits ».










