Transports : métros rivaux à Toulouse, tramway reporté à Montpellier
Les noms de code sortent en même temps, comme pour matérialiser l’affrontement entre deux projets et deux territoires. D’un côté, Toulouse Aerospace Express (TAE), 3e ligne de métro reliant Labège Innopole, Montaudran, TESO (Toulouse Euro Sud Ouest), l’aéroport et Airbus. Encore au stade des études, le projet est porté par Jean-Luc Moudenc (Les Rép.), maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole. De l’autre, InnoMetro, pour le prolongement de la ligne B (PLB) du métro jusqu’à Labège. Le projet en est au stade de l’enquête publique. Il est porté par Jacques Oberti (PS), nouveau président du Sicoval, soutenu par Georges Méric (PS), patron du conseil départemental de Haute-Garonne*.
Différences. Le coût de TAE est évalué « entre 1,5 et 1,7 Md€ », indique Jean-Michel Lattes, président de Tisséo SMTC. « Ce sera la ligne de l’économie, avec 201 000 emplois desservis, soit 48 % des emplois dans la métropole, alors que les deux premières lignes sont concentrées sur l’habitat », pose Jean-Luc Moudenc. Le PLB, qui pèse 362 M€ (valeur 2011), présente l’avantage d’être déjà financé, et plus visible (2020, au lieu de 2024 au mieux pour TAE) pour les investisseurs. Mais il se cantonne à une desserte de Labège Innopole à partir de Ramonville. Le 7 juillet, le maire de Toulouse, à l’occasion de la première réunion du comité de pilotage, déclare faire de TAE une « priorité » de son mandat. L’élu, qui sort de deux remaniements (cabinet et délégations à la Ville), d’une gifle aux départementales et d’une difficile explication de texte sur l’augmentation des impôts, veut « des décisions fermes et définitives fin 2015 ou début 2016 », une fois connues l’enquête publique pour PLB et les études pour TAE. « Le mieux que Labège ait à faire, c’est de s’embarquer dans l’aventure de TAE, qui la raccordera à l’aéroport et à la gare Matabiau, affirme-t-il. C’est une hypothèse beaucoup plus forte pour Labège que le PLB. » Le chantier du financement du seul TAE s’annonce ardu. Moudenc compte sur un concours de l’Europe (cf p.2), des autres collectivités, et sur le versement transport des entreprises. L’évolution de cette taxe est à Toulouse « l’une des plus dynamiques de France : 235 M€ par an, + 3 % en 2014, selon Jean-Michel Lattes. D’autres métropoles observent des – 5 %, voire - 10 %. »
À Montpellier, l’enjeu ne porte pas sur un match entre deux infrastructures, mais sur la réalisation, ou pas, d’une seule. Le report de la 5e ligne de tramway, report voulu par Philippe Saurel (DVG), président de Montpellier Méditerranée Métropole, est dû à des problèmes de financement. La collectivité est en effet fâchée avec deux partenaires potentiels (conseil départemental de l’Hérault et Région LR, aux mains du PS), et Saurel ne souhaite pas augmenter les impôts locaux, déjà élevés. Quant au versement transport, stable, il ne s’élève qu’à 81,5 M€ en 2014, loin de la manne apportée par Airbus et par les puissantes ETI du tissu toulousain.
* Conférence de presse pro-PLB, ce jeudi 16 au Sicoval.










