Transferts de technologies : la mise en garde de Christian Bonnet (CEA Marcoule)
Christian Bonnet, directeur du CEA Marcoule, a appelé les élus locaux et les forces vives du territoire à une union sacrée pour porter au niveau national le projet de création d’un pôle d’excellence de traitement des déchets nucléaires sur le site de Marcoule, ce mardi 22 janvier, lors de la présentation de ses vœux.
« Les acteurs industriels et le CEA Marcoule ont des atouts et des compétences à faire valoir en matière d’assainissement/démantèlement, de décontamination, de traitement-recyclage du combustible nucléaire usé - notamment l’hydrométallurgie, a-t-il déclaré. Mais nos projets n’aboutiront que si on peut collectivement les porter au plus haut niveau national. Les élus locaux (notamment le député PS Patrice Prat, non cité, NDLR) doivent se monter vigilants sur le fait que d’autres régions, bénéficiant d’un environnement plus porteur, peuvent monter les mêmes pôles. »
D’après Christian Bonnet, le gouvernement serait sur le point d’opter pour la Lorraine pour un pôle dédié à l’hydrométallurgie, afin de compenser la fermeture programmée du site de Florange. Concernant une plateforme dédiée au démantèlement/assainissement, l’Alsace pourrait être retenue, pour pallier une autre fermeture programmée, celle de la centrale de Fessenheim, fin 2016.
18 M€ dans la sûreté
Dans un contexte « tendu », où les dotations d’Etat baissent « d’1 % par an sur trois ans », le CEA Marcoule doit investir « rapidement » 18 M€ dans le renforcement de la sûreté du réacteur Phénix, d’après les prescriptions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire faisant suite à la catastrophe de Fukushima, ajoute Christian Bonnet. Les travaux porteront notamment sur les protections contre les inondations et les incendies, et un respect accru des normes anti-sismiques.
Christian Bonnet a conclu sur deux nouvelles positives. Tout d’abord, le lancement de l’activité de Gammatec « au 2ème trimestre 2013 ». Ce nouvel exploitant nucléaire, attendu depuis six ans, créera une dizaine d’emplois au démarrage. Ensuite, la poursuite des études d’Astrid (réacteur nucléaire de 4ème génération). « Nous croyons au développement de ce projet, a-t-il déclaré. On a le financement, le montage et les collaborations industrielles pour conduire les études en vue du chantier. Le fait que les études se poursuivent est un signe positif et une étape importante. » Beaucoup de points restent encore en suspens : « La décision de construire, le financement de l’investissement, le tour de table, le caractère international ou pas du projet… »










