Le maire et président de l’Agglomération du Grand Alès, Max Roustan, a été violemment pris à partie, vendredi 21 janvier, à Anduze, en marge de la célébration de ses vœux. L’élu avait choisi de présenter ses vœux à Saint-Jean-du-Gard, en empruntant, avec ses invités, le train à vapeur des Cévennes, que l’Agglo va contribuer à renflouer, alors qu’il est hors de son territoire. Le train a été bloqué, en gare d’Anduze, par plusieurs centaines de manifestants hostiles à l’entrée de leur communauté de communes dans l’Agglo d’Alès. La police a dû charger pour dégager le train touristique, qui a été la cible de jets de pierres. La cérémonie de vœux s’est ensuite déroulée sous la protection de policiers casqués et armés. Lors de son discours, Max Roustan a fustigé « une minorité de bobos extrémistes », et confirmé son intention d’élargir son agglo « après en avoir discuté avec mes collègues, qui sont les premiers concernés ». Dans une interview parue aujourd’hui dans l’édition alésienne de Midi-Libre, l’élu fixe à 100 000 habitants « la bonne fourchette » pour l’Agglo d’Alès, qui en compte aujourd’hui 70 000.
« Faisons bouger nos territoires »
Lors de son discours, vendredi, l’élu UMP a assuré que « personne ne parle d’annexion de territoire ou d’asservissement de population ». « Ne perdons pas une année supplémentaire pour décider ce que nous voulons collectivement faire pour faire bouger nos territoires », a plaidé le maire d’Alès, avant de s’en prendre aux maires jugés trop frileux : « Jusqu’à quand certains élus vont-ils refuser d’ouvrir les yeux, dans le seul but pathétique de conserver une parcelle de pouvoir ou de notoriété, bien éphémère en fait ? » Tout en défendant la réforme territoriale, Max Roustan a cependant exprimé son « inquiétude quant à cet élément du texte qui, prévoyant l’entrée des oppositions municipales dans les conseils communautaires, risque de briser ce consensus qui nous permet d’avancer au-delà de nos préférences idéologiques ». Se plaçant du côté de l’action, « qui comporte du risque mais surtout du progrès » face à « l’immobilisme » et au « conservatisme » qui « installent les plus nantis d’entre nous dans un confort indécent », le député-maire d’Alès a rappelé les différentes réalisations de l’année écoulée (déploiement du haut débit à l’échelle du Pays, pose de la première du futur Science Parc, ouverture d’Enerpôle…) après avoir mis l’accent sur le développement touristique, « un des éléments primordiaux de l’activité économique », en appelant à taxer les touristes. Face à l’opposition rencontrée par cette mesure au sein du Pays, il a toutefois annoncé qu’il allait « surseoir à cette décision » et « reprendre les discussions avec tous les acteurs de la filière », provoquant un murmure d’approbation dans l’assistance.
Plaidoyer pour Richard-Ducros
Le maire d’Alès a également assuré qu’il était « en train de tout faire pour sauvegarder » l’entreprise Richard-Ducros, placée en redressement judiciaire après sa reprise par le groupe Fayat. « Quand un grand groupe industriel familial et français vous rachète, après avoir fait réaliser quatre audits, interrogé les clients et les banquiers et, deux jours après, annonce la liquidation d’une grande partie de l’activité, après avoir mis plusieurs millions d’euros dans l’affaire, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond ! », s’est exclamé Max Roustan. Juste avant de prendre la parole, il a laissé la place, à la tribune, au délégué CGT de Richard-Ducros, Richard Valmalle, qui a assuré que « la volonté des salariés » était « intacte ». « C’est insupportable de voir un tel gâchis », s’est indigné le syndicaliste. « 300 emplois sont dans la balance, et plus de 1 000 dans notre bassin industriel ». « Le 26 octobre, M. Clément Fayat nous a rencontré. Il nous a fait un beau discours sur le travail. Il nous a dit que la charge de travail était un peu faible, mais qu’il nous en donnerai. Aujourd’hui, Fayat a trop de travail et cherche des sous-traitants. Et nous devrions mourir en silence ? »