Tourisme : en ex-Languedoc-Roussillon, la saison est meilleure que prévu
La filière touristique voulait limiter la casse cet été (cf. La Lettre M du 30 juin), cela ira au-delà de ses espérances. À commencer par la Lozère, relativement épargnée par la crise sanitaire. « Dès le 1er juillet, nous avons eu beaucoup de touristes alors que l’année dernière, la saison estivale avait débuté après le 14 juillet, raconte à La Lettre M Éric Debenne, directeur du Comité départemental du tourisme de la Lozère. Les trois premières semaines d’août, nos 800 hébergements (de la centrale de réservations du Département, NDLR) étaient tous complets. Nous avons même dû refuser des demandes. »
Avec ses logements individuels en zone rurale, Gîtes de France tire aussi son épingle du jeu. Depuis la deuxième quinzaine de juillet, le taux d’occupation est supérieur à 90 % dans ses 1 200 gîtes audois, héraultais et catalans. « Des niveaux habituels mais surprenants compte tenu des réservations tardives, dès le déconfinement le 11 mai », commente Stéphanie Nedelec, DG de SudFrance qui les commercialise. Les Européens ont été remplacés par des Français. « Des nouveaux clients avec un pouvoir d’achat plus élevé, habitués à partir à l’étranger, vivant en Île-de-France, dans l’Ouest et le Nord essentiellement », résume-t-elle.
« Montpellier s’en sort un peu mieux que Toulouse »
Sur le littoral, la saison s'est lancée tardivement. La période entre le 20 juin et le 15 juillet aura été la plus compliquée pour les trois campings 5* Les Méditéranées à Marseillan-Plage (34). « Nous avons enregistré une baisse de 40 % du CA sur cette période, avec un taux d’occupation de 30 %. À partir du 15 juillet, les chiffres sont proches de ceux de 2019 », détaille le patron Jean-Marc Bardou. Quant à la clientèle, elle est plus française, mais avec toujours autant d'Allemands et moins de Néerlandais.
En ville, les hôteliers ont aussi le sourire. À Perpignan, le 4* La Villa Duflot a affiché, en juillet, un taux d'occupation de 77 %, en hausse de 10 points par rapport à 2019. « En août, on espère atteindre les 92 % de l'an passé », confie sa dirigeante Amélie Stern, insistant sur l'allongement des séjours des Français jusqu’à vingt jours. Dans le match des métropoles, « Montpellier s’en sort un peu mieux que Toulouse, qui dépend du tourisme d’affaires, à l'arrêt depuis cinq mois », rappelle Jean Pinard, le DG du comité régional du tourisme Occitanie. « À partir du 10 juillet, il y a eu une montée en charge des réservations et nous sommes aujourd’hui tous complets », explique Camille Galtier, président du Club hôtelier du Grand Montpellier. Avec un bémol : « Beaucoup d’établissements font état d’une clientèle très peu qualitative avec beaucoup de problèmes à régler au comptoir. » Dans leur viseur, des jeunes venus faire la fête à Montpellier, à défaut d'aller en Espagne.










