TGV en perte de vitesse.
L’Espagne vient d’inaugurer la ligne à grande vitesse reliant Barcelone à Madrid. Si d’aucuns s’en sont félicités, peu ont franchement pavoisé et même l’ensemble a fait preuve d’une certaine réserve. Ainsi El Pe-riodico de Catalunya signalait dans ses colonnes que cette inauguration « resterait comme une date historique pour la très grande vitesse en Espagne, mais avec 6 ans de retard sur la date initialement prévue par le ministre de l’Equipement ». Le quotidien revient sur ce retard : « 16 ans après l’inauguration de la ligne grande vitesse Madrid-Seville et après 12 ans de travaux et de problèmes, l’AVE (nom du TGV espagnol) est arrivé à Barcelone ». Et d’ajouter, « le prochain challenge sera la connexion avec la France, prévue pour le moment en 2012 ».
Nos voisins ibériques sont donc loin d’être des champions de rapidité. Mais dans ce pays où la culture du tout routier est largement dominante sur le ferroviaire, contrairement à la France, force est de constater qu’ils nous prennent pourtant de vitesse et qu’encore une fois les blocages restent en France. D’ici un futur proche, rallier Amsterdam ou Cologne en train grande vitesse au départ de Séville ou Malaga sera possible sur la quasi-totalité du trajet, sauf... sur le tronçon Perpignan-Montpellier.
En mettant sur les rails en 1981 son TGV Sud-Est, la France alors pionnière, a fixé les bases de ces liaisons à grande vitesse. Depuis la machine s’essouffle.
Ce n’est qu’en début de cette année que le préfet de l’Hérault et du Languedoc-Roussillon a officialisé le projet du TGV Nîmes-Montpellier, soit 3 ans après la signature du décret d’utilité et pour un tronçon de 60 kilomètres. Le plan de financement de 1,4 Md€ vient d’être enfin bouclé et l’appel d’offres européen pour la désignation du concessionnaire sera lancé cette année avec une mise en service prévue à l’horizon 2013, voire 2014.
Quant au projet d’une ligne à grande vitesse Toulouse-Bordeaux, un récent accord des collectivités a juste permis de boucler le dossier du financement nécessaire aux études. Du coup la programmation de la mise en service de cette ligne est fixée une décennie plus tard, soit un an plus tard que le précédent calendrier. Au lieu de cumuler des « miles », on accumule des retards.
AMV










