Télétravail : quel impact sur l’immobilier de bureaux ?
La généralisation du télétravail liée à la crise sanitaire va-t-elle entraîner un effondrement de la demande en bureaux ? Selon l’IEIF (Institut de l’épargne immobilière et foncière), la nouvelle organisation du travail qui se dessine aujourd’hui pourrait entraîner une baisse de 4 à 24 % de la demande placée en Île-de-France dans les dix prochaines années. Et d’ores et déjà, l’impact se fait sentir sur le marché du tertiaire toulousain. Anton Bielakoff, DG du groupe Lyra, spécialisé dans la sécurisation des paiements de proximité et en ligne, ne peut que déplorer le fait que ses nouveaux locaux de 4 000 m2, mis en service à Labège en mars 2020 après un investissement de 5 M€, ne soient que – très – partiellement utilisés. « Nous les avons ouverts une semaine avant le premier confinement, soupire-t-il. Depuis, ils n'ont jamais tourné à plein régime. »
Baisse des transactions en 2020
Si le nombre de transactions enregistrées en 2020 sur le marché toulousain a certes diminué de près de 50 %, les professionnels du secteur ne croient toutefois pas à un bouleversement durable. « Les salariés restent attachés à leur lieu de travail, estime Julie Pasques, présidente de l’Observatoire toulousain de l’immobilier d’entreprise (OTIE) et directrice de l’agence Arthur Loyd Toulouse. Il est illusoire de penser que le télétravail sera la norme dans les prochaines années. Les entreprises et les investisseurs vont reprendre leurs projets d’acquisition dès que la reprise économique sera au rendez-vous. » Même constat pour Guillaume Rouziès. « Tordons le cou aux idées reçues, véhiculées par des gens qui ne connaissent rien au sujet ! », s’agace le président de Keops Toulouse. « Si le télétravail s’est développé et perdurera, sans doute dans une forme hybride, il ne signe pas la mort de l’immobilier de bureau. Pas plus que le coworking ou le flex-office il y a quelques années en arrière. »
Bâtiments fantômes
Quid des immeubles de bureaux qui ont vu le jour en périphérie de Toulouse pour accueillir des sociétés d’ingénierie et de conseil aéronautique, aujourd’hui dans l’œil du cyclone ? Le groupe Airbus indique à La Lettre M être « en train d'évaluer la situation concernant son parc immobilier au niveau local ». Secrétaire général CGT du groupe d'ingénierie Akka qui projette de supprimer cette année quelque 800 emplois dans la métropole toulousaine, Franck Laborderie évoque même des « bâtiments fantômes » dans la Zac Andromède de Blagnac. « Si beaucoup de plateaux se sont vidés, ce n’est pas à cause du télétravail mais du travail tout court, qui fait aujourd’hui défaut dans cette filière », tempère Guillaume Rouziès. Pour lui comme pour beaucoup de ses confrères, une chose est sûre : si les entreprises chercheront demain à optimiser leurs mètres carrés, elles attendront plus que jamais des bureaux de qualité, favorisant la cohésion et la productivité de leurs équipes.










