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Pyrénées-Orientales
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Agri - Agro
| 9/07/2013

Sublimo conjugue économie et protection en Méditerranée

Les premiers résultats du programme scientifique européen Life + Sublimo* conduit au large de Leucate et du Barcarès au cœur du Parc Naturel Marin (PNM) du Golfe du Lion, par Philippe Lenfant, chercheur CNRS-UPVD, ont été présentés ce 4 juillet à Port-Leucate, où est déjà expérimenté un site d’élevage de poissons post-larvaires. « L’objectif de ce projet unique en France, présenté à Miami en juin dernier*, est de répondre au déclin de la biodiversité marine en Méditerranée où le taux de mortalité des larves de poissons dépasse les 90 % en raison de la prédation et de la pollution », souligne Philippe Lenfant, qui espère pouvoir exporter ce savoir-faire développé avec les professionnels de la filière pêche au-delà de l’Europe. L’action consiste à prélever des post-larves en milieu marin, de les étudier et de les élever jusqu’à un stade juvénile avant de les ré-introduire en milieu naturel dans des micro-habitats (récifs artificiels) et assurer le repeuplement des espèces. Présent à cette occasion, Alain Ferrand, maire du Barcarès et vice-président du Parc naturel Marin, souligne que « ce projet scientifique, qui s’ouvre sur le monde des professionnels de la pêche s’attaque à la raréfaction de la ressource et sa disponibilité pour les pêcheurs. Il combine développement économique maîtrisé et protection ciblée de la zone littorale. » Une approche suivi par son homologue, le maire de Leucate Michel Py, commune qui est englobée dans le PNM.
Le centre de recherche déplacé au Barcarès
Après le stade expérimental à Port-Leucate, le projet Sublimo, qui mobilise une équipe d’une dizaine de personnes dans les P.-O. et en Corse, va être transféré au Barcarès sur le site de l’ancien France Télécom. Cet espace de près de 400 m2 est mis à disposition de l’UPVD par la municipalité du Barcarès dans le cadre d’une convention. Ils accueilleront les aquariums d’élevage, salle technique (matériel de plongée) et de formation… Ce bâtiment est situé à proximité du bassin de la Tourette où le long des quais sont immergées les Biohuts (récifs artificiels) récemment installées par la société montpelliéraine Ecocean dans le cadre du projet NAPPEX, où la commune du Barcarès est précurseur dans ce domaine. Bruno Troqueraud, le capitaine du port de leucate, conscient qu’une telle approche aurait été difficile à conduire quelques années en arrière, est convaincu que « le port est un endroit propice à l’élevage des poissons qui est source de développement économique et pourquoi pas d’emplois. »
Mobilisation de la filière pêche
Les pêcheurs professionnels des prud’homies de Leucate et de Saint-Laurent de la Salanque-Le Barcarès, associés à ce projet, participent directement aux phases de repeuplement. « Nous allons pouvoir avoir des indicateurs grâce à cette étude et ainsi adapter notre pêche » indique marc Planas, le président du comité régional de la pêche convaincu que de tels travaux expérimentaux ne peuvent être conduit qu’en collaboration entre le PNM, les pêcheurs, les plaisanciers et les scientifiques. S’adressant à Philippe Lenfant : « vous avez l’appui du comité pour développer votre projet dans les lagunes. » Très actif dans cette démarche, Erwan Berton, pêcheur à Leucate ajoute : « la filière pêche ne sera pérenne que si nous avons un produit de la pêche en lien avec la demande. L’Europe a déjà menée une action sur la taille des poissons pêchés. Nous devons poursuivre pour pêcher mieux avec de meilleurs revenus.»
* CNRS - France/Espagne/Sardaigne 2011-2015, 1,9 M€ dont 0,96 M€ de fonds européens
* 37th Annual Larval Fish Conference, Miami, 2-6 juin
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