Sponsoring – Le patron de Belmonte ne « veut pas servir d’écran de fumée »
Philippe Deffins, propriétaire et dirigeant de l’entreprise de travaux publics Belmonte*, a répondu violemment, ce jeudi 10 décembre, lors d’une conférence de presse, aux attaques judiciaires du club de rugby de Montpellier (MHRC), dont il fut le sponsor privé principal pendant plus de dix ans et l’éphémère président, fin 2008. Le club a assigné Belmonte en justice, estimant que l’ex-sponsor lui devait environ 1 M€. « Je conteste devoir cette somme au MHRC, au demeurant je me demande d’où sort ce chiffre. Je conteste d’ailleurs devoir une somme quelconque au MHRC. Il est vrai que j’ai payé une saisie conservatoire de 355 K€, frais d’huissiers inclus. Le tribunal de commerce rendra sa décision le 20 janvier. Ce que je sais, c’est que le Groupe Nicollin a repris le contrat de sponsoring immédiatement après notre résiliation. »
« Catastrophé »
Concernant la démission, lundi, du président du tribunal de commerce de Montpellier Jean-Jacques Marty, après que ce dernier a jugé l’affaire Belmonte/MHRC alors qu’il est en relations d’affaires avec Belmonte : « Je suis catastrophé par sa décision. Bien sûr que j’achète des camions à Renault ! Mais je ne connaissais pas M. Marty, ce n’est pas lui qui s’occupe du commercial. J’ai le plus grand respect pour les juges du tribunal de commerce, qui ne sont pas rémunérés. » D’ordinaire calme et discret, Philippe Deffins est monté d’un cran : « Nous comprenons que le club de Montpellier engage des procédures au lieu de dire la vérité sur ses difficultés financières actuelles. Ces difficultés, je les connais, pour y avoir été confrontés… Quoi qu’il en soit, Belmonte est une entreprise respectable, à jour de ses cotisations sociales et fiscales. Nous sommes irréprochables et parfaitement sains. Je ne veux pas être le bouc-émissaire de la situation actuelle de ce club, alors que j’ai investi personnellement énormément d’argent dans le MHRC en dix ans, plus que n’importe quelle autre personne. Peut-on traiter ainsi le partenaire historique du club ? C’est irrespectueux. Il y a une volonté affichée de nuire. Mais je ne suis pas près à lâcher le morceau, nous irons jusqu’au bout. »
« République bananière »
Arrivé à Montpellier en 1997, alors que l’entreprise végétait avec un CA de 300 K€, Philippe Deffins a fait de Belmonte le leader national du rabotage et du balayage routier. « Aujourd’hui, une campagne de dénigrement de mon entreprise est organisée par presse interposée. Nous sommes dans la seule région de France où l’on se permet d’attaquer une entreprise locale. C’est une vraie République bananière. Je vous laisse interpréter la portée de cette expression. Ce que je peux dire, c’est qu’aucune organisation patronale locale n’a levé le petit doigt pour dire stop. La santé de l’entreprise est mise en danger par les propos tenus par certains, et relayés par la presse. Vous ne me connaissez pas (s’adressant aux journalistes, ndlr), mais vous parlez beaucoup de moi. En dix ans, il n’y a pas eu un seul article sur le développement de Belmonte, sauf dans La Lettre M. »
Philippe Deffins a déclaré que les récents articles publiés dans la presse locale le mettaient en porte à faux dans les négociations en cours sur la troisième ligne de tramway de Montpellier. « On me pose beaucoup de questions. Quelle image donne-t-on quand des saisies conservatoires ont lieu ? », indique-t-il.
Côté business, Philippe Deffins concède que Belmonte a énormément souffert de la crise en 2008. « Mais nous n’avons licencié personne, j’y tiens. J’ai peut-être des lacunes en communication, j’aurais dû organiser plus tôt cette conférence de presse, mais je respecte mon personnel. »
*300 salariés à travers 21 agences en France, et deux filiales au Maroc et en Espagne. CA 2009 : 40 M€ (+ 15 % par rapport à 2008). Siège à Mauguio.










