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Aude / Gard / Hérault
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Viticulture
| 17/01/2018

La profession viticole dans la tourmente judiciaire

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Xavier Fabre, porte-parole du syndicat des vignerons gardois, et cinq viticulteurs héraultais et gardois, sont déférés le 17/1 au parquet de Montpellier et convoqués devant le tribunal correctionnel le 1/3 pour association de malfaiteurs en vue de la préparation du délit de destruction ou dégradation de biens d’autrui avec circonstances aggravantes. Les viticulteurs sont mis en cause dans le cadre d’une enquête menée par le SRPJ de Montpellier sur 32 faits de dégradations matérielles réalisées entre 4/2016 et 8/2017 dans des entreprises d’ex-LR, toutes revendiquées par le Crav (Comité régional d'action viticole) ou son affilié le Comité d’action viticole. Préjudice total : plus de 3 M€. Une information judiciaire est aussi ouverte à l’encontre de deux viticulteurs pour destruction et dégradation par incendie dans l’entreprise audoise Vinadeis, le 19/7/2016 à Béziers. Préjudice : 900 k€. Une 3e information judiciaire, contre X, porte sur des faits commis en 8/2016 à Sète chez le négociant Biron. 44 cuves avaient été visées et 11.000 hl de vin s’étaient déversés.
A Narbonne, une enquête pour faux, escroquerie et tromperie sur les qualités suite à une francisation de vins espagnols notamment par un courtier audois, a entraîné la mise en garde à vue de deux cadres de Vinadeis. Aucune charge n'est retenue en l'état contre eux. « Il n’y a pas en l’état de charges retenues contre ces personnes. Le groupe Vinadeis, qui est acheteur de ce vin francisé et qui a aussi porté plainte, s’est engagé à fournir les éléments comptables et administratifs liés à ces achats », indique David Charmatz, procureur de la République à Narbonne. A ce jour, seule une personne, Pierre-Philippe Callegarin des domaines jean Gleizes, courtier en vin, reconnaît sa responsabilité dans la francisation de vin espagnol. « Juridiquement parlant, il faut établir la chaîne de responsabilité dans la commission des faits. Monsieur Callegarin indique que ses acheteurs ne pouvaient ignorer l’origine frauduleuse des vins. L’enquête en cours s’emploie à le savoir », ajoute le procureur de Narbonne.

La procédure à l’encontre des six viticulteurs fait suite au contrôle réalisé le 3/5/17 par un escadron de gendarmes de Gironde au péage de Saint-Selve (33). Dans un convoi de quatre véhicules transportant 32 viticulteurs de l’Hérault et du Gard, « du matériel destiné à commettre des dégradations ou des destructions a été retrouvé », explique le procureur de la République de Montpellier. Dans l’arsenal : haches, masses, 60 litres de gasoil, bouteille lacrymogène, chalumeau, sept cocktails Molotov prêts à l’emploi ainsi que des téléphones portables non identifiables. « Le Crav proteste contre les importations de vins étrangers qui leur porteraient préjudice et seraient irrégulières, rappelle Christophe Barret, procureur de parquet de Montpellier. Nous avons affaire à un type d’actions spécifiques : clandestines, avec des gens organisés et des méthodes clandestines, parfois cagoulés. »

La peine encourue par les viticulteurs est de 10 ans d'emprisonnement maximum. « Nous sommes dans un Etat de droit, il y a des infractions pénales commises. Il est normal et nécessaire que la justice intervienne, poursuit le procureur de Montpellier. Ces viticulteurs seront traités de la même façon que dans d'autres cas même si, bien entendu, la justice examine la personnalité et les motivations de ceux qui agissent. Nous avons affaire normalement à des criminels, des délinquants organisés, des trafiquants de drogue. Il est peut fréquent d'avoir ce type de procédure à l'encontre de citoyens qui ont une activité respectable. »

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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