Septodont va injecter 15 M€ dans une usine à Castres
Un ancien entrepôt de conditionnement de laine, transformé en usine de fabrication de dispositifs d’injection dentaire : c’est ici, à Aussillon, que sont chaque jour produites un million d’aiguilles destinées aux cabinets de dentistes du monde entier. Dans cette commune tarnaise de 6 000 habitants, située à 2 km de Mazamet, la Société française d’instruments de chirurgie (Sofic, directeur : Christophe Combes) emploie 57 personnes et réalise près de 10 M€ de chiffres d’affaires, dont 90 % à l’export (Amérique du Nord, Europe et Asie essentiellement). Cinquante ans après sa création, elle s’apprête à quitter ce bâtiment vétuste, sur trois niveaux, pour s’installer à une quinzaine de kilomètres de là, dans la Zac du Causse (Castres). « L’objectif est double : anticiper de futures exigences réglementaires et augmenter nos capacités de production pour répondre à une demande croissante », résume Olivier Schiller, président du groupe Septodont (265 M€ de CA, 1 700 salariés dans le monde, siège à Saint-Maur-des-Fossés – 94). L’ETI familiale – spécialisée, selon son président, « dans tout ce qui permet de ne pas avoir mal chez le dentiste : solutions anesthésiques, aiguilles dentaires, poudres et pâtes d’obturation… » - a racheté la Sofic en 1990, lui donnant ainsi accès à son réseau de distribution mondial et ses capacités d’investissement.
Un bâtiment de 6 000 m2
Au total, Septodont prévoit d’injecter quelque 15 M€ dans le futur outil industriel de la Sofic (12 M€ pour l’opération immobilière et 3 M€ pour l’acquisition de nouveaux équipements tels qu'une 3e ligne d'assemblage), dont la mise en service interviendrait en 2021. Le 24 septembre dernier, le conseil de la communauté d’agglomération de Castres-Mazamet (CACM) a approuvé la vente, au tarif de 5 € HT/m2, d’un terrain de 4,9 ha, situé dans le secteur est de la Zac du Causse (113,5 ha aménageables ; 103 structures déjà implantées, soit 2 725 empois, dont 1 500 au sein de l’hôpital du Pays d’Autan). « Nous avons intégré à notre promesse d’achat du terrain une condition suspensive, relative à l’obtention d’aides et de dégrèvements d’impôts », précise à La Lettre M Olivier Schiller, qui voit dans la fiscalité française « un frein à la réindustrialisation ». Du côté de la CACM, on se veut rassurant quant à la faisabilité de « ce projet industriel de haute technologie, structurant pour la filière santé, et qui revêt un intérêt majeur pour le territoire, en y maintenant des emplois et du savoir-faire ». Des aides publiques de la CACM, avec un co-financement de la région Occitanie, seraient notamment envisageables dans le cadre de la réglementation des AFR (Aides à finalité régionale). Prochaines étapes : « La finalisation de l’avant-projet détaillé au 1er trimestre 2019, les consultations d’entreprises au 2e trimestre puis le dépôt du permis de construire dans l’optique de démarrer les travaux dans un an », indique Olivier Schiller. Et de conclure : « Le bâtiment de 6 000 m2 – pour lequel la certification Breeam sera visée - permettra d’emblée d’augmenter la capacité de production de 50 %, avec des possibilités d’extensions futures si la croissance de l’activité se poursuit. »

Un million d'aiguilles dentaires sont produites chaque jour par la Sofic.

Le site actuel de la Sofic à Aussillon

Olivier Schiller, président du groupe Septodont










