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Languedoc-Roussillon
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Agri - Agro
| 4/07/2016

Secouée, la filière viande du Languedoc veut miser sur la formation et la qualité

Former davantage les opérateurs des abattoirs, et structurer la montée en gamme de la filière viande : les professionnels du Languedoc veulent agir vite, face au tollé suscité par la diffusion récente des films de l’association L214, montrant des animaux maltraités et mis à mort hors du cadre légal dans des abattoirs à Alès (Gard), au Vigan (Gard) puis, la semaine dernière, à Pézenas (Hérault). Certes, dès le 29 juin, le préfet de l’Hérault Pierre Pouëssel a rappelé que « la plupart des vidéos relatives à l’abattoir de Pézenas sont obsolètes. Le matériel présenté n’est plus utilisé ou a été adapté, les pratiques ont été améliorées ». L’abattoir de Pézenas a fait l’objet depuis le début de l’année de huit contrôles de protection animale et de huit contrôles spécifiques à l’abattage rituel, d’après la préfecture. Mais le mal est fait. « La tendance était déjà à une baisse de la consommation de viande. Ces scandales accélèrent la baisse, que l’on estime à - 10 % au cours du premier semestre, notamment pour le boeuf. Et ceux qui continuent à acheter nous questionnent davantage », souffle un artisan boucher du Gard. L214 est devenue le cauchemar de la filière régionale. L’abattoir municipal d’Alès a rouvert, mais son agrément, comme celui du Vigan, devrait lui être retiré par le ministère de l’Agriculture, après l’audit relatif à la protection des animaux à l’abattoir. « Cet abattoir (30 salariés) va très mal financièrement, précise Bernard Lacroix, président du syndicat des bouchers du Gard. Il subit une fuite de tonnages : de 5.000 tonnes par an avant la fermeture temporaire fin 2015, à 3.000 tonnes aujourd’hui. » La mise en place d’une réelle formation d’opérateur en abattoir est l’une des préconisations principales de la profession. Les abattoirs peinent à recruter, et auraient recours, d’après une source proche, à des travailleurs détachés - Polonais et Portugais notamment -, plus durs à la tâche. « Personne ne rentre dans un abattoir par vocation, souligne Bernard Lacroix. Il faut améliorer les formations, dont celles des responsables de protection animale en abattoir. »
Pour Alain Vogel-Singer, maire de Pézenas, la gestion publique des équipements doit être maintenue dans ce contexte trouble, pour faire respecter les normes et l’exigence de qualité. « La concurrence espagnole peut pousser les abattoirs français à certaines dérives, estime l’élu. À un moment, il va falloir poser publiquement le débat de la qualité des produits, et du prix que veut mettre le consommateur. » Le concept de ‘Made in local’ se démocratise, comme dans le tout nouveau abattoir (600 tonnes par an) de Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère, qui va miser dans sa communication sur les circuits courts et la dimension humaine. « Il y a un marketing à mener autour d’une viande de qualité, provenant des hauts-cantons de l’Hérault, et passée par un abattoir répondant aux dernières normes », renchérit Alain Vogel-Singer. Tous les acteurs régionaux plaident pour l’installation de caméras de vidéosurveillance dans les abattoirs, solution retoquée à ce jour par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. L’ex-Languedoc-Roussillon compte 11 abattoirs. D’après Interbev, l’ancienne région compte 4.000 exploitations et 5.500 actifs.

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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