Sécheresse : soutien d'étiage record en Haute-Garonne
« En juillet, 25 M de m3 d’eau ont été lâchés par EDF Hydro Sud-Ouest pour soutenir l’étiage de la Garonne ; c’est le double du plus haut niveau jamais utilisé pour un mois de juillet. On n’a jamais vécu ça ! » Telle est l’alerte que lance Jean-Michel Fabre, vice-président du conseil départemental de Haute-Garonne et président du Smeag (Syndicat mixte d'études et d'aménagement de la Garonne). Au 25 août, 40 M de m3 d’eau ont déjà été lâchés sur les 70 M disponibles selon la convention passée avec EDF Hydro Sud-Ouest. « Il n’y a pas une zone du département qui n’ait pas eu besoin de lâchers d’eau », poursuit-il. Au total, la Haute-Garonne dispose d’un stock annuel d’environ 200 M de m3 pour soutenir l’étiage de ses cours d’eau.
Déploiement du plan Garon’Amont
Face au réchauffement climatique, il faudrait toutefois stocker davantage, affirme Georges Méric, président du Département. Pour ce faire, le conseil départemental de Haute-Garonne veut accélérer le déploiement de son plan Garon’Amont qui prévoit la mobilisation de 14 à 19 M€ sur la période 2020-2025 pour optimiser l’usage de l’eau. « La situation que l’on attendait pour 2050 en termes de réduction de la ressource en eau sera finalement atteinte en 2035 au plus tard. Il nous faut donc aller plus vite », affirme le président du Département.
Le plan fixe plusieurs axes de travail. La préservation du stockage naturel de l’eau avec l’augmentation des surfaces de zones humides protégées (passer de 1000 à 5000 ha) ou le lancement à venir d’appels à projets pour aider les communes à mieux stocker l’eau. Autre objectif : utiliser tout le potentiel des réserves d’eau déjà existantes avec la mobilisation de barrages encore sous-exploités.
La question des retenues collinaires sur la table
Enfin, le plan prévoit d'étudier la mise en place de nouveaux stockages de l’eau. Sous terre, avec une expérimentation inédite au plan national portée par Réseau 31 et le Département menée cet hiver entre Saint-Martory et Carbonne. Elle visera à infiltrer de l’eau dans la nappe à partir de fossés alimentés par le canal de Saint-Martory. Objectif : stocker ainsi 5 à 10 M de m3. Le Département s’engage également à étudier la possibilité de créer de nouvelles retenues collinaires. « Rien n’est encore défini, mais il va falloir très sérieusement se poser la question », prévient Georges Méric, qui rappelle toutefois que cette politique de stockage doit aller de pair avec une réelle sobriété dans les usages de l’eau.
Face à la sécheresse persistante, des dispositifs de restriction des usages de l’eau ont d’ailleurs été mis en place en août. « Plus tard que dans de nombreux départements français grâce à notre bonne gestion de l’eau », affirme Georges Méric. Au 25 août, plus de 90 départements français étaient encore concernés par des restrictions d’eau.










