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Haute-Garonne
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Aménagement - Urbanisme
| 4/12/2019

Retour sur le Petit Déj’ de La Lettre M / Toulouse à l'heure du bâtiment durable

Plus de 130 acteurs locaux de l’immobilier et de la construction ont assisté, le 4 décembre, au Petit Déj’ de La Lettre M organisé au Sporting Village (Toulouse) en partenariat avec GRDF sur le thème du bâtiment durable et de ses enjeux dans la métropole toulousaine. Qualité architecturale, performance énergétique, nouveaux usages, raréfaction du foncier… Autant de questions abordées lors de la table ronde qui a réuni Philippe Gonçalves, président du Conseil de l’ordre des architectes d’Occitanie et dirigeant de l’agence toulousaine Seuil Architecture, Pierre Marchal, directeur général du Groupe des Chalets, Christian Noailhac, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers Toulouse Métropole et directeur régional Occitanie de Crédit Agricole Immobilier, et Émile Noyer, président de la Fédération du bâtiment et des travaux publics de Haute-Garonne et dirigeant de l’entreprise toulousaine Socotrap.

Un enjeu grandissant

Premier constat, pour l’ensemble des intervenants : le concept de “bâtiment durable“ est désormais indissociable de l’acte de construire dans un territoire métropolitain où le nouveau plan local d’urbanisme (PLUi-H) fixe l’objectif de produire 7 000 logements par an. « Pour nous concepteurs, la notion de bâtiment durable intègre d’abord le respect de l’environnement. Un enjeu grandissant - au vu des problématiques liées au réchauffement climatique - à l’origine de la généralisation des normes HQE (haute qualité environnementale, NDLR). L’objectif premier est de contribuer à la diminution du bilan carbone des bâtiments, de leur construction à leur déconstruction et jusqu’au recyclage des matériaux », estime Philippe Gonçalves, qui milite pour l’intégration de matières premières locales afin de limiter, notamment, les émissions de gaz à effet de serre. Une analyse partagée par Émile Noyer pour qui « l’utilisation de matériaux recyclables (bois, pierre, paille..., NDLR) et la recherche de la performance énergétique sont désormais caractéristiques d’une approche “d’écoconstruction“ ». « Pour les bailleurs sociaux tels que nous, la notion de bâtiment durable s’appuie sur la pérennité des constructions dans le temps et dans les usages. Nous devons nous adapter aux évolutions sociétales et les prendre en compte dans la conception de nos ouvrages », poursuit Pierre Marchal. Autre point de vue, celui de Christian Noailhac. Selon lui, l’intégration d’un bâtiment dans un territoire est un critère supplémentaire de durabilité : « Nous devons respecter l’identité d’une région. On ne construit pas en Occitanie comme par exemple en Normandie. »

La rénovation à la peine

Au-delà de leur analyse du concept de bâtiment durable, les quatre intervenants de cette table ronde s’accordent également sur ses applications concrètes dans le territoire de la métropole toulousaine. Si globalement le logement neuf a relativement bien intégré la notion de durabilité, les opérations de réhabilitation et de rénovation du bâti existant peinent à intégrer ces impératifs selon eux. « Malgré le surcoût lié à la prise en compte des enjeux environnementaux dans la construction neuve, la dynamique est engagée par la plupart des acteurs. À l’inverse, le secteur de la rénovation est en panne dans ce domaine », observe Émile Noyer. En cause selon lui, des dispositifs de financement « peu lisibles et trop fluctuants » à l’image des certificats d’économie d’énergie et le faible nombre d’entreprises labellisées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) au sein de ce territoire. « Moins de 10 % dans la région, c’est trop peu. Cela explique en partie la faible croissance du marché de la rénovation », commente le représentant de la fédération du BTP. « Les promoteurs sont au rendez-vous. Mais nous devons nous interroger sur les moyens de limiter l’impact carbone de notre production dans une logique de long terme. Le recours à des matériaux d’origine locale doit être amplifié », reconnaît Christian Noailhac. « Des efforts importants ont été engagés par les bailleurs sociaux de la métropole en vue de la réhabilitation énergétique de leur parc. 85 % des logements sont désormais classé A, B, C ou D. Un taux supérieur au parc privatif. Mais il faut maintenant associer les occupants aux nouveaux usages et aux nouvelles technologies liées à la maîtrise des consommations énergétiques », pointe Pierre Marchal.

Densification et transports

« Construire durable, c’est construire près des transports, des services publics tels que les écoles. Et je suis frappé de notre difficulté à communiquer sur la performance énergétique de nos bâtiments auprès des utilisateurs. Arriver à faire sens dans ce domaine, c’est notre plus grand défi », relève Christian Noailhac. « Le bâtiment durable dont intégrer des notions plus larges telle que la mobilité. On est encore timide de ce point de vue. Il manque une stratégie systèmique à l’échelle de la métropole. Et si l’on veut intégrer les habitants dans cette dynamique, il faut leur donner une lisibilité claire des enjeux que ce soit en matière de logements, de cadre de vie ou de transport. Dans ce domaine, c’est aux pouvoirs publics de montrer l’exemple. Et nous devons également réduire les surfaces foncières utilisées en vue de densifier les constructions si nous voulons nous inscrire dans cette durabilité », glisse Philippe Gonçalves. « Le secteur de la construction va devoir répondre aux défis de la consommation de l’espace et à la problématique des transports. Cela passe notamment par davantage de verticalité, ce qui n’est pas forcément bien perçu par la population », appuie Émile Noyer.

Un retour en images sur ce Petit Déj' sera publié dans l'hebdomadaire du 10 décembre.

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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