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Languedoc-Roussillon
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Infrastructures
| 21/06/2013

Report probable de la LGV Montpellier-Perpignan : les élus pétitionnent

Alors que le quotidien Les Echos, paru ce matin, confirme les informations parues hier dans L’Usine nouvelle, annonçant le report à 2030, voire au-delà, du projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, plusieurs courriers, co-signés par les grands élus de la région, vont partir dans les jours qui viennent pour tenter de persuader le chef de l'Etat, et le Premier ministre, du bien-fondé de ce « chaînon manquant ». La commission Mobilité 21, présidée par Philippe Duron devrait, selon plusieurs sources concordantes, préconiser au gouvernement la création de la LGV Bordeaux-Toulouse, et le report d'autres lignes à grande vitesse, dont Montpellier-Perpignan. La décision officielle sera annoncée le jeudi 27 juin. Le gouvernement s'appuiera sur les préconisations de la commission pour arrêter ses choix. La plupart des grands projets d'infrastructure n'étant pas, pour l'heure, financés, la probabilité est forte que l'avis de la commission soit suivi.

Pétitions

Sans attendre, le président du Comité des villes pour la grande vitesse, le sénateur-maire UMP de Béziers, Raymond Couderc (photo ci-contre), a rédigé un appel à l'adresse du gouvernement, qu'il fait circuler à la signature des élus concernés. Le président du conseil régional, Christian Bourquin, signataire de cet appel, a par ailleurs écrit, de son côté, au président de la République François Hollande et au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Dans le premier courrier, co-signé par les élus de gauche de la région, Christian Bourquin « lui exprime (sa) confiance et l'appelle à son implication personnelle sur ce dossier ». Le second courrier, adressé à Jean-Marc Ayrault, va être proposé à la signature de tous les membres du comité de pilotage de la ligne nouvelle Montpellier Perpignan, que Christian Bourquin copréside, aux côtés du préfet de région.

« Arbitrages politiques »
« Sauf le respect que je dois à la commission Duron, ce qui importe, c'est les arbitrages politiques qui interviennent au final », assure Christian Bourquin à La Lettre M. Ces arbitrages tiendront compte de l’aménagement du territoire. On sent un affolement. Je continue à travailler, je suis en lien avec les cabinets de Matignon et de l'Elysée. Pour le président de l'exécutif régional, « ce projet fait l’unanimité en région. On ne comprendrait pas qu'il soit sacrifié en raison de seuls arbitrages budgétaires. Il n'est pas envisageable que la grande vitesse ferroviaire s’arrête à Montpellier (après la livraison du contournement de Nîmes et Montpellier en 2017, NDLR), oubliant le reste du territoire jusqu’à Perpignan. »
« Scandaleux »
« C’est scandaleux », s’insurge de son côté le maire UMP de Béziers, interrogé par La Lettre M. « Les différentes collectivités concernées – Région, Départements, Agglos – ont avancé 20 M€ pour toutes les études préalables et le débat public. Ce sont 20 M€ qui vont partir en fumée, alors même que l’Etat nous avait demandé de nous engager dans cette démarche. On ne peut pas tirer un trait sur 20 M€ et dire qu’on va se revoir dans 15 ans ! Car dans 15 ans, les réglementations auront changé, il faudra refaire toutes les études et relancer un débat public. Tout sera à reprendre de zéro. Et quand on dit 2030, c’est plutôt 2040 ou 2050… » Pour l’élu, ce report « est une catastrophe pour notre territoire. Le TGV est un outil de développement économique du territoire qui va continuer à nous manquer. Au-delà, c’est la crédibilité de la France sur les réseaux à grande vitesse qui est en jeu. Vous pouvez traverser l’Europe en TGV du Nord au Sud, d’Amsterdam à Séville. Mais il restera un trou noir de 150 km entre Montpellier et Perpignan. C’est d’un ridicule achevé ».
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