Rentrée de l’UIMM LR : apprentissage, communication et étude de territoire
Rentrée chargée pour l’UIMM (union des métiers de l’industrie et de la métallurgie) LR (président : Luc Martin), basé à Baillargues (34).
- Nouvelle chargée de communication début octobre. Véronique Ribière (ex-Afpa Occitanie) est recrutée au poste de chargée de communication (création de poste), pour les départements 34, 11 et 66. Le but est de créer une « cohérence de communication » entre chambre syndicale et pôle formation, de « faire émerger l’identité industrielle du territoire, à la fois auprès du grand public, des institutionnels et en interne, entre industriels », explique Simon Philibert, secrétaire général.
- Lancement d’une étude de territoire sur ces trois départements portant sur les enjeux et besoins des industriels de l’industrie du futur. « Les territoires sont très différents, ainsi que les entreprises et les dispositifs publics et parapublics ». Le syndicat professionnel compte rencontrer une trentaine de dirigeants en entretien en tête-à-tête, « pour aller dans le concret. Le monde industriel parle beaucoup d’industrie du futur, mais quels sont les vrais besoins des entreprises ? », questionne Simon Philibert, qui note que « les pouvoirs publics en ex-LR ont une approche très axée sur l’innovation », et moins sur l’industrie.
L’étude de territoire devra répondre aussi sur la façon dont l’UIMM « peut se redéployer et apporter un service pertinent à ses adhérents : analyse marché, diagnostic. Nous avons un bon pôle de formation. Il faudrait que davantage de demandeurs d’emploi passent par ce biais-là . Beaucoup de besoins ne sont pas couverts dans les entreprises. Il faut trouver des gens, autant des jeunes que des profils plus seniors. C’est un vrai axe de développement pour nous ».
D’après lui, l’industrie française doit relever le défi de la performance et de l’organisation de la production. « Il y a un besoin de montée en gamme. L’industrie française ne produit pas assez bas de gamme pour vendre pas cher, mais pas assez haut de gamme pour vendre très cher. Du coup, le modèle n’est pas compétitif. Il faudra créer des liens entre PME industrielles, centres de R&D et la French Tech. »
- Réponse à à l’appel à projets de la Région Occitanie sur les fablabs (« Fab Région »). L’UIMM LR a déposé un projet pour créer un fablab professionnel. Ce fab lab serait sur le pôle technologique de Baillargues, « qui héberge déjà des experts et des moyens technologiques », souligne Simon Philibert. L’investissement se chiffre au total à 4 M€, dont 1,7 M€ demandés à la Région. La réponse officielle est attendue en décembre. « On a le soutien des entreprises du territoire. C’est un projet catalyseur. »
- Booster l’apprentissage, sous l’impulsion de Michel Debouverie (président du CFAI LR, auteur d’ « Urgence Apprentissage ») et d’Eric de Maria, directeur. « Entre la France et l’Allemagne, pour la fabrication automobile, il y avait 1 million d’écart de véhicules produits en 2000, aujourd’hui, c’est 4 millions, assène Michel Debouverie. La France est passée d’exportateur à légèrement importateur. On ne parle pas suffisamment du commerce extérieur en données macroéconomiques. Le déficit est de 40 à 50 Md€ par an en France, alors que l’Allemagne est en excédent de 200 Md€ par an, soit une capacité d’embauche d’environ 2,5 M emplois. Rien que cette donnée explique la différence d’emploi entre la France et l’Allemagne. On ne peut pas, pour un pays qui veut s’imposer dans le concert mondial, accepter un commerce extérieur durablement déficitaire. Ce déficit est lié à l’industrie, au sens large, en incluant l’agroalimentaire et l’agriculture. On ne croit plus suffisamment dans notre industrie, alors que les besoins s’expriment de plus en plus. »
La raison qui l’a poussé à écrire ce livre ? « Dans les derniers mois de mon poste de directeur du site de Merlin Gerin à Alès, nous avions un besoin de 15 BTS/IUT génie mécanique, pour mettre en place des moyens automatisés et complexes. Seulement 5 sur 15 ont été trouvés. Et entre le moment où on identifie le besoin, où on forme les jeunes, y compris sur le savoir-être, ça peut durer longtemps… »
D’où le terme d’ « urgence » : « Voyant les départs en retraite qui se profilent sur trois ans, c’est une situation quasi catastrophique qui se présente à nous. On a des besoins, mais on ne les trouve pas. On recherche des compétences, et des gens qui ont envie d’apprendre. On a du mal à les trouver. Le contexte économique international s’améliore, on a de bonnes raisons de penser qu’on va retrouver croissance. Mais cette croissance reste très fragile si on n’aborde pas le problème des compétences dans l’industrie. Nous avons des problèmes de compétences dans la formation initiale et continue, et dans l’apprentissage. »
(…) « L’Allemagne, l’Autriche et la Suisse sont cités en exemple. Les Anglais, qui sont des industriels moyens, ont quand même doublé leur nombre d’apprentis en 8 ans, passant de 400.000 à 800.000 apprentis par an. »
Augmentation de la tranche d’âge de l’apprentissage, plateforme d’information, aide au transport : le CFAI LR admet que des décisions sont prises au niveau régional. « Le risque les plus important, c’est que des structures étatiques ou régionales veuillent tout régenter, au lieu de s’appuyer sur ceux qui ont compétences (CFAI, ou autres). C’est la profession qui est la plus à même de donner des caps pour l’apprentissage », selon Eric de Maria. « On ne veut pas tout prendre, mais il y a un travail de partenariat à mener, ajoute Michel Debouverie. Ce ne sont pas les lycées professionnels qui vont former le mieux en fonction des besoins des entreprises, qui évoluent très vite dans les industries - industries du futur, nouvelles technologies. L’Éducation nationale reste décalée aujourd’hui par rapport au monde de l’industrie. Ce n’est pas en deux ans que ça va se régler. »
Le frein principal, « c’est les jeunes eux-mêmes et leur environnement. Nos jeunes ne sont pas suffisamment motivés par les métiers de l’industrie. Nos meilleurs jeunes ne sont pas attirés, que ce soit pour opérateurs, techniciens, ingénieurs. Ce n’était pas le cas il y a 20 ans. Il nous faut communiquer mieux vis-à-vis des jeunes. Ils ont des parents qui ne les encouragent pas. Les médias nationaux ne parlent que de ce qui ne va pas bien : Whirpool à Amiens pendant la campagne, ou le sous-traitant automobile de la Creuse, par exemple. Les gens sont très fragilisés dans leur représentation. L’image de l’industrie est soit inexistante, soit négative. On est dans l’aspect psychologique, des croyances limitantes, des a priori. Les entreprises ne sont pas toujours nettes sur le sujet. Elles ne regardent pas suffisamment leurs besoins à moyen terme. »
D’après le CFAI LR, la plupart des PME de la métallurgie ont en moyenne 1 à 2 recrutements qui n’aboutissent pas, faute d’avoir trouvé la compétence. En matière d’apprentissage, sur 340 offres de postes avérées, « on en a finalisé 200 ». Le CFAI compte environ 500 apprentis, soit la même taille que celui de Toulouse. Le taux de décrocheur est faible (6 %). « Les entreprises recrutent les apprentis de façon très sérieuse. Elles voient en lui un futur salarié. »










