Renov’Occitanie et ses 32 guichets territoriaux visent 50 000 logements rénovés par an
La rénovation énergétique est au centre des assises régionales de l’énergie organisées dans le cadre d’EnerGaïa, le rendez-vous majeur des professionnels de la filière des énergies vertes, qui se tient les 9 et 10 décembre de façon dématérialisée. L’année 2021 verra en effet la mise en place de 32 guichets uniques de la rénovation énergétique (voir carte) – qui seront les points d’entrée de proximité de Rénov’Occitanie (ex-Spire) pour tous les citoyens d’Occitanie. Ces guichets font suite à un appel à manifestation d’intérêt lancé par la Région. « L’enjeu est de rénover 50 000 logements par an jusqu’en 2030, puis 70 000 par an avec un pic en 2040 pour avoir un parc de logements qui tende vers le BBC, d’où l’importance de ces guichets aux implantations urbaines et rurales mais aussi la montée en compétence des acteurs du bâtiment voire de la création d’emplois », précise Agnès Langevine, vice-présidente de la Région en charge de la transition écologique, lors de ces assises qui enregistrent près de 700 inscrits.
Un enjeu de massification
« Si déjà des actions sont engagées pour les maisons individuelles, il s’agit de tendre vers la massification de ces rénovations dans les grands ensembles situés sur le littoral, de montagne ou encore dans les métropoles », poursuit-elle. La Région a prévu une enveloppe de 40 M€ pour les trois prochaines années et une importante campagne de communication sur Rénov’Occitanie sera réalisée en 2021. « L’objectif est de rendre accessible ces rénovations énergétiques à tous avec des parcours simplifiés pour les citoyens dès le premier contact jusqu’à la réalisation des travaux et des financements », poursuit-elle.
Un besoin d’informer et d’accompagner
« La rénovation énergétique c’est bon pour la planète, les gens et l’emploi, poursuit Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. Pour autant, si un effort est fait dans le plan de relance - 2 Md€ dédiés à la rénovation thermique - qui va s’en saisir réellement ? Le plan déjà lancé a abouti à une baisse de 7,5 % de la précarité énergétique sur un objectif de 15 %. Il faut démultiplier les dispositifs d’accompagnement et d’information des gens ». Un travail d’acculturation est à faire selon Stéphane Chevrier, sociologue : « Les concepts et les enjeux de la performance et de la rénovation énergétique doivent être expliqués car la rénovation est très technique. Il est donc nécessaire de développer une relation de confiance avec les ménages ou les propriétaires. Les acteurs du bâtiment doivent se pencher sur une nouvelle génération de conception de logements qui intègre la logique d'utilisateur afin d'atteindre des niveaux de performance plus importants ». Cette confiance est un enjeu fort compte tenu des arnaques qui ont été pratiquées dans le secteur. « La Région sera présente comme tiers de confiance des ménages », explique Vincent Feuillette, directeur opérationnel au sein de l’Arec.
Les dispositifs d’aide ne suffisent pas
Malgré les aides, « un pan de la population modeste ne pourra pas faire ces travaux de rénovation eu égard au reste à charge. On a perdu l’APL qui permettrait de financer ce reste à charge », pointe Christophe Robert en précisant que selon la Fondation Abbé Pierre, le coût par logement représente entre 10 000 et 20 000 euros. Néanmoins des expérimentations sont faites comme le revenu de transition énergétique qui est mis en place dans la haute vallée de l’Aude. Dans le cadre de la délégation de service public de l’Arec (Agence régionale énergie climat), « la démarche des guichets uniques est déjà d’identifier toutes les aides qui existent comme l'EcoChèque, explique Vincent Feuillette, de l’Arec. La Région Occitanie intervient aussi en apport financier à travers des prêts et le financement du reste à charge à travers une société de tiers financement qui propose des conditions de longue durée et de taux bas pour ne pas demander d’effort budgétaire au ménage. L’enveloppe de prêt atteint 70 M€ avec l’appui de la Banque européenne d’investissement et 5 M€ pour une caisse d’avances sur une période de cinq ans ».
Motiver les entreprises du bâtiment
« Rénov’Occitanie réalise un travail auprès des entreprises. Les guichets vont porter des actions dans le sens de la dynamique de l’offre. Notamment sur les questions d’ingénierie financière pour la réalisation de bouquets de travaux à financer. Une notion de confiance est là aussi à établir avec les entreprises du bâtiment, indique Vincent Feuillette. La question de la formation est clé. La réalisation des travaux ne plus se faire sans notion de rendre plus performant le bâtiment à l’instar des ravalements de façade. »










