Rencontre avec. Emmanuel de Séverac, directeur général délégué d’Oppidea
« Nous avons créé une foncière pour porter les m² commerciaux »
La Sem Oppidea, présidée par le maire de Balma Alain Fillola (PS), se diversifie. Son directeur délégué nous explique cette nouvelle stratégie.
Quelles sont les activités d’Oppidea ?
L’aménagement ou le réaménagement des quartiers de Toulouse Métropole représentent les 3/4 de notre activité. Le reste concerne la réalisation de bâtiments publics pour les collectivités et les établissements publics et, accessoirement, la promotion immobilière d’une cinquantaine de logements par an dans les Zac que nous commercialisons.
Cette activité de promotion immobilière devrait-elle se développer ?
Les décisions sont prises au cas par cas. Nous le faisons pour répondre aux attentes de Toulouse Métropole qui ne sont pas comblées par la promotion privée.
En tant que promoteur, n’êtes-vous pas juge et partie par rapport aux autres promoteurs ?
Non. De facto, nous sommes dans une communauté d’intérêts avec les promoteurs. L’attribution du foncier se fait en toute transparence et le cahier des charges des opérations est rigoureusement le même que celui des promoteurs.
Mais, pourquoi construire des logements ?
La collectivité nous demande de faire la preuve que l’on peut construire des logements de qualité environnementale et architecturale avec des prix de sortie maîtrisés. Nous sommes le poil à gratter.
Avez-vous des objectifs chiffrés ?
Non, nous n’avons pas d’objectifs chiffrés en la matière. Nous avons un rôle d’incitateur.
Toulouse Métropole demande-t-elle à Oppidea de s’engager dans d’autres activités ?
Oui, elle nous a demandé d’agir en investisseurs dans la réalisation de pôles commerciaux dans les quartiers populaires que nous aménageons, c’est un nouveau métier pour nous. La collectivité souhaite une cohérence, grâce à la maîtrise publique, entre les aménagements publics et les offres commerciales pour faciliter la maîtrise des prix et le respect des commerces existants. Ainsi nous assurons cette activité à Empalot, aux Izards et, vraisemblablement, à la Reynerie. Autre activité nouvelle, à la demande de Toulouse Métropole et de la Région, nous allons assurer, avec la Cogemip, le montage de projets pour l’IRT et le CEA.
Comment s’organisera votre activité de promotion commerciale ?
Nous avons créé une société foncière qui portera les m² commerciaux dans les quartiers. Oppidea y détiendra 30% des parts et la Caisse de Dépôts 25%, et nous agirons de concert, le reste du capital sera détenu par le secteur privé. Le « pôle public » est majoritaire dans cette société. Cette action a déjà débuté sur la Zac de Tibaous et se poursuit sur les autres Zac (Andromède, Gramont, Empalot...). Ce modèle est aujourd’hui une source d’inspiration pour les autres aménageurs publics.
Oppidea sera-t-il donc un acteur commercial et permanent sur son territoire d’aménagement ?
Oui, ainsi nous travaillons sur la « nouvelle » place Micoulaud aux Izards, ainsi que dans l’accompagnement de la ville de Toulouse dans la rénovation des commerces dans certains quartiers du centre-ville identifiés comme prioritaires.
Oppidea planche-t-elle sur d’autres innovations ?
En accord avec la collectivité, nous réfléchissons à des formes d’intervention sur le territoire urbain qui doivent illustrer notre volonté de simplification. Exemple : au quartier des Pradettes, à Toulouse. Ces opérations devraient se dérouler hors Zac afin de s’affranchir des procédures lourdes des Zac avec les mêmes objectifs d’aménagement. Il s’agit de fluidifier les dossiers et de diminuer les formalités pour accélérer la production de logements. Il faut pouvoir reproduire ces interventions ailleurs, dans une démarche alternative aux procédures Zac.
Propos recueillis par J. Subirats
Oppidea en chiffres
- 43 M€ CA opérationnel
- 7,7 M€ CA fonctionnement
- 75 salariés
- 22 Zac en charge










