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| 16/04/2013

Rencontre Avec.

Anne-Laure Charbonnier, directrice de l’Incubateur Midi-Pyrénées

« On est là pour transformer un projet en entreprise »

La première sélection « nouvelle formule » – 5 start-up entrantes - a eu lieu, avec workshop délocalisé et intensif. En attendant les mentors. L’incubateur, dans ses nouveaux locaux, est aussi rassuré sur son avenir.

Que retenir de cette 1ere sélection par appel à projets, avec workshop délocalisé et communication autour des lauréats ?
Nous attendions un deal flow de projets plus importants, plus mâtures. Pour cela, c’est très positif. Nous avons reçu 37 dossiers, 12 ont été auditionnés, 8 passés en comité de sélection, et 5 projets finalement « incubés ». Au total, nous sommes maintenant 17. Sur le nouveau schéma, l’incubation des projets a commencé dès leur sélection, avec workshop à Montauban et pitch à faire en public, la première semaine. Ensuite, tout n’est pas parfait : les projets proviennent quasi tous de l’agglomération toulousaine et près de 90 % ont trait aux TIC. La diversification, géographique et sectorielle, est donc difficile. Un projet émane des biotechs, un est en lien avec des applications industrielles et trois sont des applications web-mobile.

Quels sont les projets exactement ?
Toscabio propose des analyses standardisées du dialogue intestin-cerveau aux cliniciens, afin de mieux comprendre les maladies métaboliques ; Flightwatching développe des solutions de diagnostic de pannes en vol pour les compagnies aériennes ; Mobirider a mis au point une serrure 2.0, pour l’identification sur mobile ; Newsvibes est un lecteur de news personnalisées pour le web ; Globewhere est un concepteur de voyage sur mesure, sur le web et sur mobile ; 3 DiS Technologies propose un assemblage innovant pour intégrer les systèmes électroniques ; Coovia est une application smartphone pour se déplacer avec flexibilité via les transports publics et le covoiturage*.

Tous les projets ont-ils déjà une preuve de concept et un business plan, voire un manager, comme les nouveaux critères l’imposent ?
Nous avons pris garde à cela, oui. Tous les projets respectent ces critères, et la plupart sont adossés à un laboratoire public. Nous avons aussi particulièrement axé notre sélection sur le potentiel entrepreneurial, et donc que ce soit le futur manager qui soit incubé. Trois projets sont ainsi bien avancés et repasseront devant notre comité à l’automne. Ils n’avaient pas encore suffisamment avancé sur le management.

On vous pousse à l’efficacité (taux de transformation en création d’entreprise). N’y a-t-il pas un risque de manquer des pépites, en étant restrictif ?
On est d’abord là pour transformer le projet en entreprise. On peut toujours passer à côté, mais s’il existe une belle technologie, sans équipe et/ou volonté de créer une entreprise, cela risque d’être compliqué. L’incubateur n’est pas non plus là pour porter un projet. Nous pouvons, en revanche, aider à trouver un manager potentiel.

Vos moyens vont–ils suffire pour accompagner tous les projets, sur 12 mois ?
Nous associons beaucoup de partenaires, mais aussi des experts externes. Pour les formations longues (1 à 2 jours), nous recourons à des consultants spécialisés, mais cela reste modique. Pour les ateliers, plus courts, des chefs d’entreprises et des partenaires du réseau nous épaulent. Nous allons faire ces formations-ateliers en alternance, sur un rythme plus ramassé, plus intense que précédemment. Mais ce ne sera pas non plus tout « à la carte » pour les incubés. Ces derniers vont en revanche bénéficier d’un mentor qui va les accompagner.

De nouveaux partenaires se sont-ils déjà engagés à vos côtés, pour palier entre autre au retrait de l’Etat, attendu en 2014 ?
Le récent rapport Beylat-Tambourin, remis à la ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso, contient un chapitre très positif pour les incubateurs, puisque les auteurs encouragent l’Etat à les renforcer ! Nos relais locaux nous indiquent que, selon toute vraisemblance, nous aurons au moins nos dotations maintenues…

Propos recueillis par Aurélien Tardiveau

*3 DiS Technologies et Coovia ont été intégré fin 2012, mais inclus dans le nouveau processus d’incubation.

L’incubateur en chiffres

Nombre de projets incubés : 17
5 nouveaux lauréats (+ 2 fin 2012)
Nombre de permanents : 4
Budget : 1,2 M€
Locaux de 450 m2, à Toulouse (Saint-Michel)

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